Ce fut tour à tour la résidence vice-royale du gouverneur général du Canada, le siège de l’École secondaire de Montréal qui rassemblait toute l’élite intellectuelle locale, et même, à la fin du 19e siècle, le plus grand hôtel de tout l’Empire britannique. Il s’agit de la Maison Bingham, l’un des plus anciens hôtels de Montréal, qui sert aujourd’hui d’hôpital central. Les murs de cet édifice ont été les témoins d’événements majeurs de l’histoire de la ville et du pays. Pour en savoir plus, rendez-vous sur montreal1.one.
Un manoir pour un mariage, une résidence pour des monarques, une école pour l’élite
Cette structure historique a été érigée dans les années 1820 pour servir de résidence privée. Luxueusement décorée, elle impressionnait par ses vastes espaces. Elle fut construite par un riche homme d’affaires, William Bingham, fils du gouverneur local. Citoyen américain, il était considéré comme millionnaire. Il a inauguré la résidence à l’occasion de son mariage. Celle-ci est rapidement devenue le lieu de rendez-vous pour les bals et les réceptions de la haute société locale, réunissant des familles de renom, des hommes d’affaires et des politiciens.

Dans les années 1830, la famille de William décida de partir pour Paris et de louer la résidence. Ce somptueux manoir attira l’attention du gouverneur général du Canada lui-même. Lord Durham décida d’en faire sa résidence officielle. L’homme politique ordonna de la décorer selon les standards d’ameublement les plus modernes, demandant de ne pas regarder à la dépense. La résidence servit de lieu de travail officiel et de lieu pour les réceptions solennelles non seulement pour Lord Durham, mais aussi pour ses successeurs jusqu’au milieu des années 1840. Par la suite, les propriétaires de la maison décidèrent de la vendre et s’installèrent peu après en Angleterre.
Cette luxueuse résidence, où monarques, présidents et fonctionnaires décidaient, sans exagération, du sort de tout un pays, était destinée à devenir pour un temps le bâtiment d’une école secondaire. Ainsi, plus de cent cinquante étudiants s’y installèrent dans la seconde moitié des années 1840. L’établissement devint un véritable centre pour la jeune intelligentsia de la région. Cette école était considérée comme l’une des plus prestigieuses de la ville. La salle où les Bingham organisaient autrefois de somptueux bals servait pour les cérémonies de fin d’année scolaire.

Le plus grand hôtel de l’Empire britannique
Peu de temps après, l’École secondaire de Montréal déménagea sur la rue Belmont, et la résidence Bingham fut rachetée par l’hôtelier John Marie Donegana. Cet homme d’affaires acquit la maison en 1845. Il conserva la façade d’origine, mais agrandit considérablement le corps arrière du bâtiment. La superficie de la résidence augmenta de manière significative – elle s’étendait du coin nord-ouest des rues Notre-Dame et Bonsecours jusqu’au Champ-de-Mars.
L’établissement était situé en plein cœur de Montréal, près du marché Bonsecours. Les visiteurs y trouvaient des chambres luxueuses avec des objets de décoration pour tous les goûts et tous les prix. L’hôtel était équipé de l’éclairage au gaz, et chaque chambre disposait de bains chauds et froids. Il comptait au total 150 chambres, plusieurs salles à manger, des galeries et un spacieux dôme offrant une vue panoramique sur la ville.

Le bâtiment rénové devint le plus grand hôtel de tout l’Empire britannique. Il était bien connu non seulement au Canada britannique, mais aussi parmi la haute société américaine et européenne, et jouissait d’une grande popularité. On considère que l’hôtel de Donegana, aux côtés de l’Astor House de New York, a eu une influence majeure sur les tendances de l’hôtellerie et a établi des normes élevées en matière de service et de confort.
Cependant, l’établissement de Donegana ne conserva pas cette forme très longtemps. Le bâtiment fut endommagé lors d’émeutes à Montréal, et peu après, il fut décidé d’y installer l’hôpital de la ville. L’hôtel Donegana dut déménager dans un autre bâtiment. Il fut alors géré par l’hôtelier américain Daniel Gale, qui, d’ailleurs, conserva le nom traditionnel et emblématique. L’hôtel accueillait fréquemment des dirigeants britanniques, des présidents américains, des hommes d’affaires et d’éminentes personnalités culturelles.
