Le Cégep de Saint-Laurent est l’établissement d’enseignement qui a créé «Le Curé de Saint-Germain»

L’intérêt patrimonial du campus du Cégep de Saint-Laurent repose sur ses valeurs historiques, paysagères, architecturales, artistiques et sociales. Le campus témoigne de l’œuvre de la communauté des Pères de Sainte-Croix qui, au XIXe siècle, tout comme d’autres communautés religieuses venues de France, a pris en charge l’éducation de la société catholique franco-canadienne. La combinaison novatrice d’une école de commerce et d’un collège classique a, dès ses débuts, conféré à l’établissement un caractère reconnaissable, original et innovant il y a plus d’un siècle. Pour en savoir plus, consultez le site montreal1.one.

Un établissement d’enseignement social

Le Cégep de Saint-Laurent jouit d’une présence urbaine exceptionnelle grâce à ses édifices monumentaux qui bordent l’avenue Sainte-Croix. Les parterres de fleurs devant ces bâtiments ajoutent une touche de fraîcheur et rehaussent le paysage. L’axe perpendiculaire menant au Juniorat est mis en valeur par ses terrains de sport et son cimetière. La cour intérieure et les vastes espaces verts témoignent de la richesse paysagère du campus.

L’architecture des plus anciens pavillons est d’une qualité remarquable, tout comme celle du Musée des maîtres et artisans du Québec et du pavillon Jean-Pierre-Castonguay, qui ont été ajoutés au fil du temps.

Ainsi, le Cégep de Saint-Laurent est un lieu d’étude et de vie dynamique, à la fois intégré et distinct de la ville. Il participe activement à la vie culturelle de Montréal grâce à la présence du Musée des maîtres et artisans du Québec et de la salle de concert Émile-Legault.

Situé à Montréal, le Cégep de Saint-Laurent a obtenu son nouveau statut en 1968, mais son histoire remonte à plus de 170 ans, à l’époque où il était le collège classique des Pères de Sainte-Croix. Aujourd’hui, près de 3 000 étudiants fréquentent l’établissement à temps plein. Il propose dix-huit programmes d’études dans les domaines des arts, des sciences, de l’environnement et de la technologie. Les programmes de formation continue, quant à eux, accueillent environ 300 personnes supplémentaires.

Au fil des ans, le Cégep s’est également distingué sur la scène internationale. Depuis plus de 20 ans, il est actif en Amérique latine, notamment avec une option axée sur l’information et les échanges Nord-Sud. Le Cégep participe aussi à un important projet de formation en assainissement de l’eau et en écologie à Quito, en Équateur. De plus, le collège est présent depuis longtemps en Afrique de l’Ouest, où il offre des formations dans les domaines de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement.

La richesse du Cégep de Saint-Laurent se reflète dans la diversité des activités pédagogiques et parascolaires proposées. Il bénéficie en outre d’un campus exceptionnel, composé de vastes espaces verts, d’arbres centenaires et de bâtiments au patrimoine architectural indéniable.

Le développement durable et l’environnement sont deux domaines dans lesquels le collège souhaite s’investir encore davantage dans les années à venir.

L’histoire de la création du collège

Voilà pour l’histoire récente, mais l’aventure de cet établissement montréalais a commencé il y a plus de 170 ans. Le Cégep de Saint-Laurent n’a cessé d’évoluer au cours de son existence. Son état actuel est le fruit d’innombrables ajouts, aménagements et modifications qui lui confèrent une grande valeur historique et architecturale.

Tout a commencé par un conflit entre le curé de la paroisse de Saint-Laurent et un groupe d’habitants au sujet de l’emplacement du nouveau presbytère. Pour régler ce différend, un nouveau prêtre, Jean-Baptiste Gaultier, surnommé « le curé de Saint-Germain », est arrivé en ville. Au-delà de sa mission de médiation, l’homme d’Église a immédiatement constaté le piètre état de l’éducation des jeunes. Il a donc commencé à plaider pour la venue à Saint-Laurent d’une communauté d’enseignants, c’est-à-dire un groupe de religieux.

Dans cette optique, « le curé de Saint-Germain » s’est entretenu à plusieurs reprises avec le père Moreau, supérieur de la Congrégation de Sainte-Croix, pour le convaincre de venir en aide à la communauté de Saint-Laurent. Il a finalement obtenu l’accord pour l’arrivée de religieux enseignants afin de fonder un nouvel établissement scolaire. Mieux encore, Gaultier a acheté une maison, toujours située au 696, avenue Sainte-Croix, pour y loger les religieux à leur arrivée et commencer à y instruire les enfants, en attendant la construction d’une école sur le terrain d’en face.

En 1852, les Pères de la Congrégation de Sainte-Croix ont érigé leur premier bâtiment, juste en face de la maison qu’ils occupaient. Le nouvel établissement fut d’abord baptisé « Académie Industrielle », car il offrait une formation professionnelle. En 1861, il obtint un nouveau statut et devint un collège classique bilingue, dont le programme d’études fut élaboré par le père Gastineau.

Le Cégep de Saint-Laurent et ses bâtiments annexes ont continué de s’agrandir pendant plus d’un siècle. L’établissement est devenu totalement autosuffisant pendant une longue période grâce aux nombreux services qu’il abritait : une boulangerie, une boucherie, une forge, ainsi que des ateliers de cordonnerie, de menuiserie, une buanderie et un atelier de couture.

En 1930, le collège a acheté l’ancienne église St. Andrew and St. Paul du Canadien National. S’ensuivit un événement pour le moins singulier : l’église fut démontée pierre par pierre, brique par brique, à Montréal, puis transportée et reconstruite à Saint-Laurent. La construction fut achevée en 1931, et la nouvelle chapelle fut consacrée par Monseigneur Gauthier, évêque de Montréal.

Le départ des Pères de Sainte-Croix

En 1964, le ministère de l’Éducation et le Conseil supérieur de l’éducation ont été créés. Parallèlement, le clergé perdait son rôle de gestionnaire du système éducatif, même si le caractère confessionnel du réseau scolaire restait bien réel. En 1966, l’idée de créer un niveau d’enseignement intermédiaire entre le secondaire et l’université a émergé. L’année suivante, une loi a institué les collèges d’enseignement général et professionnel (cégeps) pour atteindre cet objectif. C’est ainsi qu’en 1968, le collège est devenu le Cégep de Saint-Laurent.

Un autre événement marquant survint un an plus tôt, en 1967, lorsque les Pères de la Congrégation de Sainte-Croix quittèrent définitivement le collège. Ce départ marqua le début de l’abandon quasi total de la pratique religieuse au Cégep de Saint-Laurent.

Malgré son âge respectable et sa longue tradition éducative, le Cégep de Saint-Laurent reste une fierté pour l’arrondissement. L’établissement a été récompensé pour la qualité de son enseignement. Parmi ses réalisations notables, on compte la création d’un musée de sciences naturelles, de la troupe de théâtre des Compagnons et d’une école de musique renommée. Enfin, le collège offre une formation technique et professionnelle à laquelle s’ajoutent les arts et la musique, des domaines dans lesquels il a su se forger une excellente réputation.

La figure du « curé de Saint-Germain »

Toutes ces réussites auraient difficilement été possibles sans l’intervention de Jean-Baptiste Gaultier, « le curé de Saint-Germain ». Avant d’arriver à Saint-Laurent, Gaultier était en poste à Terrebonne. Il est arrivé à Saint-Laurent à un moment difficile pour la communauté locale : sur ordre de l’évêque Lartigue, l’église avait été fermée au culte et devait le rester pendant neuf mois, en raison d’un conflit entre les paroissiens et le curé précédent.

Le nouveau curé a su se faire apprécier et a occupé ce poste de 1829 jusqu’à sa mort en 1863.

« Le curé de Saint-Germain » n’a pas seulement favorisé la création d’un nouvel établissement scolaire et l’installation en 1847 d’une communauté de religieux enseignants, les Pères de Sainte-Croix ; on lui doit également la construction de la nouvelle église de Saint-Laurent. Il n’est donc pas surprenant qu’aujourd’hui, une rue du centre-ville de Montréal porte le nom de Saint-Germain.

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