Dès 1940, le contexte économique du pays, et donc de la ville, change. Le Canada étant en guerre, les usines montréalaises tournent bientôt à plein régime, au service de l’effort de guerre.11 De plus, de nouvelles usines de munitions et une usine d’aviation sont construites. Les chantiers navals et les ateliers ferroviaires produisent intensivement du matériel militaire. L’industrie légère se lance principalement dans la production de tissus kaki, de bottes et d’uniformes militaires. Tout cela a un impact positif sur le développement économique de la métropole.
Le plein emploi règne à Montréal et les revenus commencent à augmenter, ce qui stimule la production civile. Les femmes apprennent et acquièrent de nouvelles professions, et leur emploi comme main-d’oeuvre augmente 34. L’industrie militaire leur offre des postes mieux rémunérés que ceux qu’elles occupaient traditionnellement. Incapables de dépenser tous leurs revenus, les Montréalais accumulent des économies. Finalement, la situation financière de la ville se rétablit rapidement, car les allocations de chômage disparaissent et les citoyens sont en mesure de payer des impôts. Mais à la fin de la guerre, la situation a changé : lisez comment l’économie a évolué en 1944-1945 sur montreal1.one.
Camions, chars et canons

Ainsi, dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les Canadiens ont fait de leur mieux pour gagner cette bataille vitale entre le bien et le mal. La Seconde Guerre mondiale, hautement mécanisée, s’appuyait fortement sur la production de masse d’armes, de munitions, de véhicules et d’autres équipements militaires pour vaincre un ennemi qui disposait également d’une énorme capacité industrielle.
Lorsque la guerre a éclaté, le Canada a été confronté à la tâche de créer une base industrielle solide pour la production d’armes et d’équipements destinés à l’effort de guerre. L’industrie et la main-d’œuvre canadiennes se sont montrées à la hauteur en cette période difficile et ont contribué de manière significative à la victoire des Alliés.
Au total, l’industrie canadienne a produit plus de 800 000 véhicules de transport militaire, 50 000 chars d’assaut, 40 000 canons (de campagne, portuaires et antiaériens) et 1,7 million d’armes légères.
Sur les 8 000 véhicules de tous types produits par les usines canadiennes, seuls 168 000 ont été livrés aux forces armées canadiennes. 38 % de la production est destinée au Royaume-Uni et le reste aux pays alliés.
Le Canadien Pacifique a produit 788 chars Valentine dans son usine Angus à Montréal. GM a fabriqué les moteurs de ces chars. Au total, 5,2 milliers de chars ont été produits aux usines de locomotives Angus et Montreal Locomotive Works du CPR pendant la guerre. En outre, la Montreal Locomotive Works a construit 2 150 canons Sexton de vingt-cinq livres.
Pendant la guerre, 348 navires marchands de dix mille tonnes ont été construits au Canada. 5 000 à 7 000 personnes ont travaillé à la construction de navires marchands, et 27 000 autres ont travaillé à la construction de navires de guerre, tels que des destroyers, des frégates, des corvettes et des dragueurs de mines.
Transition vers une vie paisible

Connue sous le nom d’usine de Montréal, l’usine de munitions de la Defence Industries Limited produisait des balles de 9 mm pour les mitraillettes Sten. La construction du bâtiment débute à l’automne 1942. L’usine de Montréal atteint ainsi sa pleine capacité au printemps 1943.
Grâce à ces efforts, entre autres, la victoire approche inexorablement. Et parallèlement, le moment approchait où le besoin d’entreprises militaires n’était plus d’actualité. Il fallait donc réfléchir à ce qu’il convenait de faire de tant d’entreprises militaires après la guerre. L’usine de Montréal est un bon exemple de la transition vers la vie civile. Conçue pour produire des munitions pour les Britanniques, l’usine faisait partie d’un ensemble d’usines similaires dans la région, liées à la Defence Industries Ltd.
Ces usines se trouvent à Verdun, Belei et Saint-Thérèse. Il en existe même une à Villers, à l’angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue de la Liège, non loin de l’usine de Montréal. De ces usines de munitions, il ne reste plus que celles de Verdun et de Montréal. Il est à noter que l’usine de Verdun existait depuis la Première Guerre mondiale et a été reconvertie au début des années 1940, tandis que l’usine de Montréal était l’un des derniers exemples du patrimoine militaro-industriel de la Seconde Guerre mondiale.
L’usine de Montréal

Après la guerre, l’usine a été reprise par le complexe industriel Crown. En 1946, les locaux avaient été transformés pour créer 22 unités industrielles. L’immeuble abritait une variété d’installations manufacturières, dont des usines de produits chimiques, de plastique et de textile. Il témoigne de l’évolution industrielle de ce secteur de l’économie montréalaise. Lors du boom de l’industrie textile, le secteur de la rue Chabanel devient un haut lieu de cette production dans la métropole.
Mais plus tard, au tournant des années 1970, l’usine montréalaise est littéralement encerclée par des immeubles de béton. Depuis, le bâtiment du 9500 boulevard Saint-Laurent a disparu de la mémoire collective. Sa façade donnant sur le boulevard n’était visible qu’à travers l’espace entre les deux bâtiments. En 2016, l’usine de Montréal a été démolie pour permettre la construction d’une cour de service et de bureaux municipaux. Le comité de démolition a suggéré que certains éléments architecturaux soient conservés pour être réutilisés dans la nouvelle construction. En outre, une plaque a été installée pour honorer le rôle des femmes dans l’effort de guerre.
L’essor économique de l’après-guerre

D’une manière générale, l’essor de l’après-guerre à Montréal s’accompagne de nombreux changements technologiques, notamment dans le domaine des transports et des communications. En 1952, les premières émissions de télévision de Radio-Canada apparaissent sur le petit écran.13 La radio française Radio-Canada est déjà en ondes depuis 1937. La décision fédérale d’installer les principaux studios à Montréal est alors tout à fait logique. C’est donc à Montréal que se développera l’industrie de la radiodiffusion et de la télévision, ainsi que d’autres industries telles que la publicité, l’enregistrement et les studios de cinéma.
Le développement de l’aviation commerciale après la guerre a modifié les possibilités de transport de passagers sur de longues distances, y compris les voyages transatlantiques. Les avions sont désormais suffisamment fiables pour transporter un grand nombre de passagers. L’avion est en concurrence avec les deux modes de transport qui ont fait la force de Montréal : le rail et la voie d’eau. Mais cela ne diminue en rien la conviction de beaucoup que Montréal restera la plaque tournante du transport au Canada, et ce à juste titre.
Tout porte à croire que Montréal héritera de la même position dominante dans le transport aérien que celle qu’elle occupait dans le transport maritime et ferroviaire avant la guerre. Face à l’essor du transport aérien, le gouvernement fédéral élabore sa première doctrine aéronautique. En 1946, il décide de concentrer l’essentiel des vols en un seul endroit – de créer une plaque tournante rentable – et choisit Montréal.
Le gouvernement choisit la métropole non seulement parce qu’elle est la plus grande, mais aussi pour des raisons techniques. Les avions ayant un rayon d’action limité, les vols transatlantiques doivent faire des escales de ravitaillement. Montréal est une escale naturelle pour les avions en provenance d’Europe. Jusqu’en 1950, Montréal était le centre de l’aviation au Canada et une plaque tournante majeure en Amérique du Nord. Ce n’est pas un hasard si la nouvelle Organisation de l’aviation civile internationale (officiellement constituée en 1947 par 52 États membres) y a été fondée.
Sources :
- https://memento.heritagemontreal.org/site/ancien-batiment-de-la-montreal-works/
- https://www.veterans.gc.ca/fr/remembrance/classroom/fact-sheets/material
- http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/500ans/portail_archives_fr/rep_chapitre10/chapitre10-4.html#:~:text=Les%20usines%20montr%C3 %A9alaises%20tournent%20bient%C3 %B4t,bottes%20et%20des%20uniformes%20militaires.
