La première école à Montréal a été ouverte en 1658 par Marguerite Bourgeoys. Elle a décidé que les enfants des premiers habitants de la ville devaient être scolarisés, mais comme les locaux étaient rares à l’époque, on a décidé d’ouvrir l’école dans une écurie. Une autre caractéristique importante de cette école était qu’elle accueillait les enfants indépendamment de leur statut social. De plus, les châtiments corporels y étaient réduits au minimum. Pour en savoir plus sur la toute première école de Montréal, rendez-vous sur montreal1.one.
Mission chrétienne outre-mer

L’histoire de l’école a commencé un peu avant sa date d’ouverture officielle, en avril 1658. En effet, le fondateur de Montréal, ou plus exactement de Ville-Marie, nom donné au fort fondé par Paul de Chomedey de Sierres de Maisonneuve en 1652, s’est retrouvé pratiquement sans défenseurs. Les guerres des Castors contre les Iroquois ont fait leur œuvre, et il ne restait plus que 17 soldats dans le fort.
Maisonneau a donc pris la direction de la France dans l’espoir de recruter au moins 100 hommes afin de poursuivre l’évangélisation des terres d’outre-mer. C’est au cours de ce voyage que Maisonneau a rencontré Marguerite Bourgeoys. La jeune femme prévoyait de se rendre au Canada avec une équipe de religieuses de la congrégation Notre-Dame de Montréal. Le but du voyage était de répandre la foi chrétienne dans ces terres et d’instruire les enfants, tant ceux des colons que ceux des peuples locaux, en l’occurrence les Iroquois.
Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Maisonnet n’était pas disposé à emmener des femmes en voyage, il avait besoin de guerriers. Il a donc convaincu Marguerite, qui était l’amie de sa sœur, qu’une seule enseignante suffirait pour le fort de Ville-Marie. Après quelques hésitations, car la jeune femme devait se retrouver seule sur un navire où se trouvaient plus d’une centaine d’hommes, Marguerite décida finalement, à l’été 1653, de répondre à l’appel de la Nouvelle-France et partit outre-mer.
Le voyage lui-même fut très dangereux. Une épidémie de peste éclata à bord du navire, tuant 8 personnes. Mais malgré toutes ces difficultés, le navire de Marguerite Bourgeoys accosta à Québec après trois mois et demi de voyage. Là, la femme rencontra les religieuses de l’ordre catholique romain des Ursulines, qui proposèrent à Bourgeois de rester chez elles et d’enseigner aux enfants locaux. Mais Marguerite a refusé, car elle estimait avoir une mission divine : elle devait enseigner aux enfants du fort de Ville-Marie, où elle n’a pu se rendre qu’à la mi-novembre.
Qui est Marguerite Bourgeois ?

À son arrivée dans le village, Marguerite a eu toute une série de mauvaises surprises avant d’obtenir le premier local pour sa future école. Mais avant d’en parler, quelques mots sur qui était Marguerite Bourgeoys avant son voyage à Ville-Marie.
Marguerite Bourgeois est née le Vendredi saint du printemps 1620 en France, dans la ville de Troyes, dans la province de Champagne. Elle était la sixième des douze enfants d’Abraham Bourgeois et de Guillemette Garnier. Il n’existe aucune information vérifiée sur l’enfance de la jeune fille. On sait avec certitude que sa famille vivait en face de la mairie.
On sait également qu’Abraham Bourgeois était fabricant de bougies et qu’il frappait des pièces de monnaie à l’hôtel des monnaies. La jeune fille aimait généralement réunir ses camarades, s’isoler dans un endroit éloigné et y effectuer des petits travaux pour gagner sa vie. Son désir de servir les gens était déjà visible, même à cet âge précoce.
Un fait intéressant, connu grâce aux notes de Marguerite elle-même, est que plus tard, devenue adulte, elle se reprochait d’avoir été, selon elle, frivole dans sa jeunesse et d’avoir aimé les beaux vêtements.
Travail en dehors de l’école

Mais revenons à la Nouvelle-France, au fort Ville-Marie. À son arrivée, Marguerite fut déçue. Elle ne put devenir enseignante auprès des enfants des colons, car presque tous les enfants qui vivaient alors au fort étaient morts. En effet, le taux de mortalité était très élevé et les causes de décès étaient diverses. Quand ce n’étaient pas des maladies, c’étaient des accidents ou des attaques des Iroquois belliqueux. Tout cela était horrible.
Ce n’est qu’en avril 1658 que Marguerite fonda la toute première école à Ville-Marie. Mais entre l’automne 1653 et avril 1658, Marguerite Bourgeoys, qui vivait dans le fort, s’occupait de la maison du gouverneur de Maisonneuve. Bien sûr, elle n’était pas seulement une servante. Elle aidait Jeanne Mance à soigner les malades, jouait le rôle d’assistante sociale, apportant son aide aux jeunes familles, aux femmes et aux enfants. Elle n’hésitait pas à accomplir toutes les tâches qui lui étaient confiées.
C’est ainsi que, sans le vouloir, elle a reçu le titre officieux de « mère de la colonie ». Il convient de noter que ces trois personnes, de Maisonnev, Jeanne Mans et Marguerite Bourgeois, ont travaillé ensemble pendant toutes ces années pour construire un pays favorable et socialement juste.
Parfois, Marguerite, malgré le danger, sortait des limites du fort. Une fois, elle est même montée au mont Royal pour y réparer une croix. Celle-ci avait été érigée auparavant par M. de Maisonneau, mais les Iroquois l’avaient renversée. Il est évident qu’une femme aussi fragile n’aurait pas pu accomplir cette tâche seule. Les hommes du fort, envoyés par le gouverneur, sont venus à son aide. Tous ont considéré cela comme une aventure sacrée. À cette époque, il n’était pas facile de gravir le mont Royal, mais Marguerite n’a pas hésité un seul instant.
En général, la femme considérait comme sa mission de faire tout ce qui était lié à la glorification de Dieu et au service de son prochain, c’est pourquoi, confrontée à des difficultés, elle les surmontait héroïquement au nom du Seigneur. D’autant plus que dans ce cas, elle était accompagnée d’hommes qui pouvaient l’aider dans son travail.
La première école française

Ainsi, au printemps 1658, le gouverneur de la gouverneure de Montréal, où Maisonneuve, avait confié à Marguerite Bourgeoys une écurie dans laquelle elle devait créer une école pour les enfants des colons. Après un nettoyage minutieux, comme on pouvait s’y attendre, les premiers petits écoliers de Montréal s’installèrent dans l’écurie propre.
Dans cette école, la « mère de la colonie » rassemblait tous les enfants de Ville-Marie lorsqu’ils atteignaient l’âge scolaire. On sait que la première petite fille à fréquenter l’école fut Jeanne Loisel, que de Maisonnesve confia à Marguerite alors qu’elle n’avait que quatre ans. Lorsque l’école a ouvert ses portes, Jeanne avait déjà presque huit ans. L’histoire a également conservé le nom du premier garçon
scolarisé : il s’agissait de Jean Deroche.
Il n’avait que quelques mois de moins que Jeanne. De plus, le gouverneur nomma Marguerite Bourgeois comme première assistante enseignante, chargée d’aider à l’exécution des tâches scolaires. Cette assistante était une certaine Marguerite Pico, qui devint plus tard Madame Lamontagne.
L’école-écurie mesurait trente-six pieds de long et dix-huit pieds de large. Elle était située dans un fort près de l’hôpital. Le bâtiment était flanqué d’un terrain adjacent d’une superficie de près de 800 pieds carrés. C’est là que les enseignants et les enfants pouvaient se reposer pendant les récréations.
Au sommet du bâtiment, Marguerite Bourgeoys avait aménagé une chambre à coucher et une salle pour ses jeunes protégés. Ils accédaient à ces pièces par une échelle qui était relevée la nuit avant de se barricader. À l’époque, le plus grand danger venait des Iroquois, qui pouvaient attaquer le fort à tout moment et massacrer sa population. En ce qui concerne l’école, Marguerite Bourgeoys a inculqué aux premiers élèves de Montréal des valeurs éducatives étonnamment modernes. Comme on le sait, elle refusait de tenir compte des classes sociales lors de l’admission à l’école.
À l’aube du 12 janvier 1700, après trois heures d’agonie, Marguerite Bourgeoys est décédée. Le 12 novembre 1950, le pape Pie XII a béatifié la religieuse, et le 31 octobre 1982, le pape Jean-Paul II l’a canonisée.
Sources :
