Autrefois, se rendre aux bains publics n’était ni un caprice ni un loisir, mais une nécessité de la vie quotidienne. De nos jours, l’accès à l’eau chaude, à une douche ou à une baignoire est un élément essentiel de notre confort. Pourtant, au début du XXe siècle, la majorité des Montréalais, en particulier dans la classe ouvrière, n’avaient pas les moyens de veiller à leur hygiène dans de bonnes conditions. C’est pourquoi la municipalité a commencé à ouvrir des bains publics. Ces établissements ont joué un rôle crucial pour la santé de milliers de personnes privées des commodités les plus élémentaires chez elles. Pour en savoir plus, consultez le site montreal1.one.
L’apparition du premier bain public de la ville
En 1905, un rapport annuel de la Ville de Montréal révélait que seulement 25 % des logements dans les quartiers ouvriers disposaient d’une salle de bain. Les seules installations sanitaires dans ces foyers se résumaient souvent à un évier de cuisine avec un seul robinet et à des toilettes reléguées dans un coin de la pièce, généralement la cuisine. Il n’y avait ni eau chaude, ni véritable baignoire pour se laver. Face à cette situation, la municipalité a décidé d’ouvrir des bains publics afin que chaque habitant des quartiers populaires puisse subvenir à ses besoins en matière d’hygiène.

Le 31 août 1927, Montréal a inauguré le « Bain Généreux », l’un des premiers établissements du genre en ville. Il fut nommé en l’honneur de l’échevin du district de l’époque. L’ouverture fut officielle, en présence du maire de l’époque, Médéric Martin. Le bain était situé sur la rue Amherst, en face de l’ancien marché Saint-Jacques.
La conception du projet a été confiée à l’architecte montréalais Joseph-Omer Marchand. Le bâtiment a été réalisé dans le style Art déco, une synthèse de l’Art nouveau et du néoclassicisme qui gagnait alors en popularité dans le monde entier durant les années 1920 et 1930.

L’accès à l’établissement était gratuit pour tous et l’eau chaude y était disponible toute l’année. Il était ouvert six jours par semaine, mais les mardis et jeudis étaient réservés aux femmes. Les Montréalais s’y rendaient non seulement pour se laver, mais aussi pour se détendre et pratiquer des sports nautiques. Le bain public jouissait d’une grande popularité : selon les archives de 1940, il a accueilli 87 450 visiteurs en une seule année.
Des vestiaires étaient aménagés juste avant les salles de douche. La pression de l’eau dans les cabines était si forte que les usagers la comparaient à une borne d’incendie ouverte crachant de l’eau chaude. En plus des douches, le bain disposait d’une grande piscine, accessible uniquement après être passé sous la douche. La qualité de l’eau de la piscine était constamment contrôlée pour garantir une expérience agréable et sécuritaire à tous.
Durant les premières années d’exploitation, un appartement était aménagé au deuxième étage pour le gardien du bain et sa famille. Il était responsable de l’entretien des lieux, de la sécurité des visiteurs et du respect du règlement.
La naissance d’un club sportif

Dans les années 1940, le bain public est devenu un lieu d’entraînement et de compétition pour la natation, le water-polo et la natation synchronisée. Dans les années 1970, la piscine du Bain Généreux a servi de base d’entraînement pour le Club Aquatique Montréal Olympique, le deuxième plus grand club de natation de la ville. C’est ici que se sont entraînés des athlètes de renom comme Nini Pelletier, médaillée de bronze aux Jeux olympiques de 1996 ; César Henderson, athlète olympique et entraîneur de plongeon ; et Julie Sauvé, membre de l’équipe canadienne de natation synchronisée, championne aux Jeux olympiques d’été de 1992 et entraîneuse.
La fermeture du bain

En raison de problèmes majeurs de plomberie et de chauffage, le bain public « Le Bain Généreux » a fermé ses portes en 1992. Quatre ans plus tard, l’« Écomusée du Fier Monde » a ouvert ses portes dans le même bâtiment.
