L’élevage de chevaux au Québec — des chevaux de l’écurie de Louis XIV à la race canadienne actuelle

Si l’on considère l’évolution de l’élevage équin à partir du moment où un certain nombre de chevaux ont été amenés au Canada avec les colons français, il faut noter que l’on ne sait pas avec certitude combien de chevaux sont arrivés en Amérique en provenance d’Espagne ou d’Angleterre, car il n’y a pas d’informations à ce sujet. En revanche, il est possible de donner un chiffre assez précis pour les débarquements au Québec. D’abord parce qu’il y en a eu très peu, ensuite parce que presque tous ont été effectués par le gouvernement, donc tout était clairement documenté. Pour en savoir plus sur le développement de l’élevage de chevaux à Montréal et au Québec, consultez le site montreal1.one.

Les premiers chevaux en Nouvelle-France

Le premier cheval à fouler le sol du Québec arrive en 1647. Il est destiné au gouverneur M. de Montmagny comme cadeau de la Société des Résidents. Les premières vraies livraisons de chevaux débutent en 1665 sur ordre du roi. C’est la grande époque en Nouvelle-France et Louis XIV décide de prendre en main le développement de la colonie. Les chevaux ne manquent donc pas, et pas seulement les bons, mais aussi les chevaux de l’écurie royale.

À cette époque, les chevaux sont envoyés en Nouvelle-France aux frais du trésor royal pour être distribués à la noblesse et aux gentilshommes locaux. Entre 1665 et 1671, Louis XIV envoie environ 8 000 animaux, à raison de quatorze chevaux – 12 juments et 2 étalons – par envoi. Après 1671, on estime qu’il y a suffisamment de chevaux en Nouvelle-France et, surtout, qu’ils peuvent se reproduire assez rapidement pour répondre aux besoins. On arrête donc l’approvisionnement.

Le plan est simple : ces quatre-vingts chevaux constituent la base de l’élevage de chevaux. En 1760, le nombre de chevaux atteint 12 000, sans autre ajout que la reproduction naturelle. De plus, ces quatre-vingts animaux ont donné naissance à la race chevaline canadienne, et leurs descendants se sont répandus par vente ou colonisation dans une grande partie de l’Amérique du Nord, en se mélangeant à d’autres nouvelles races américaines.

Pour compléter la description de l’arrivée des chevaux de France en Amérique, il est nécessaire de dire quelques mots sur le voyage lui-même. À cette époque, les navires qui traversent l’Atlantique sont de petite taille. Par exemple31, la capacité totale de chargement des trois navires de Cartier réunis est de 240 tonnes. Ces modestes navires sont remplis de personnes, de bagages et surtout de provisions pour les hommes et les animaux. Les animaux encombrants comme les chevaux sont difficiles à garder, impossibles à maîtriser par temps de tempête, et meurent parfois en chemin du manque d’air et de l’effort physique.

L’atterrissage sur la nouvelle Terre

À la fin du voyage, ils ont dû relever le dernier défi : l’atterrissage. Il est bien connu qu’en l’absence de ports, les navires devaient être laissés à une certaine distance du rivage et atteindre la terre en bateau ou en canoë. Que faire dans ce cas pour décharger les chevaux ? Les historiens écrivent que le découvreur de l’Amérique, Christophe Colomb, a inventé une technique simple qui a été utilisée jusqu’en 1750 environ : il suffisait de jeter les chevaux à l’eau et de les laisser nager jusqu’au rivage, guidés par l’instinct de survie.

Quatre-vingts chevaux envoyés par le roi de France entre 1665 et 1671, en 1685 comptaient déjà 156 têtes, soit deux fois plus qu’en vingt ans d’élevage. En 1706, le nombre de bovins avait été multiplié par vingt, et en 1872, il avait doublé. Le nombre de bovins a continué à augmenter régulièrement, pour atteindre plus de 12 000 en 1760 et jusqu’à 30 000 en 1786.

Il est important de rappeler que cette augmentation s’est faite sans ajouter un seul cheval de l’extérieur aux quatre-vingts envoyés par le roi auparavant. Cette augmentation est le résultat de la qualité des animaux envoyés, de leur capacité à s’adapter au climat et du système d’élevage utilisé par les Français.

Caractéristiques des chevaux de l’écurie de Louis XIV

Comme tous les chevaux provenaient de l’écurie du roi de France, on pensait qu’ils étaient issus de chevaux arabes croisés avec des animaux locaux de Normandie et de Bretagne. Un grand nombre des chevaux nouvellement arrivés ont été donnés et distribués aux habitants qui avaient le plus contribué au défrichement des terres et au développement de l’agriculture dans le nouveau lieu.

Ces chevaux étaient alors utilisés exclusivement pour les travaux des champs et le transport. Le cheval canadien est donc le résultat d’une sélection naturelle, où seuls les plus robustes ont pu survivre au climat rigoureux, au rythme de travail et à la pauvreté de la jeune colonie.

Le dur labeur physique et les difficultés de la vie dans un nouvel endroit ont entraîné une diminution de la taille des chevaux, mais ils ont développé une résistance et une endurance inébranlables lorsqu’ils sont arrivés dans le pays il y a plus de 350 ans. Leurs descendants, grâce à ce passé, restent les plus robustes, les plus forts et les mieux adaptés au Québec. Le cheval canadien est l’une des races les plus polyvalentes de l’histoire des sports équestres. Ce n’est pas pour rien que les chevaux de cette race ont été surnommés le « petit cheval de fer », connu pour sa force, son endurance, sa sociabilité, sa santé et sa longévité.

Au cours de plusieurs générations, cet animal s’est adapté à l’environnement local. Ce n’est qu’en 1895 que l’on commence à tenir des registres généalogiques de chevaux au Canada. Et à la fin du XIXe siècle, la demande de chevaux en général, et de cette race en particulier, augmente considérablement. Plusieurs races mixtes sont apparues au Québec, grâce à l’importation de races favorisées par les Britanniques, qui ont fini par se croiser avec la race canadienne, diluant la race et ses caractéristiques.

L’élevage moderne des chevaux

Aujourd’hui, le rôle du cheval dans l’agriculture a beaucoup évolué. Autrefois, il était utilisé comme force de travail dans les fermes et ses capacités physiques étaient particulièrement utiles pour déplacer les machines agricoles, les produits, etc. De nos jours, les chevaux sont élevés principalement pour le loisir et la compétition.18 La plupart des animaux gardés sur les fermes sont utilisés pour l’équitation et la promenade. Il y a 2 867 fermes connues au Québec où l’on élève des chevaux. Mais près de 60 % d’entre elles comptent jusqu’à trois chevaux, voire moins.

Si l’on examine les statistiques, en 2024, elles se présentent comme suit

  • nombre d’éleveurs de chevaux – 429 entreprises ;
  • nombre de poulains – 1727 individus ;
  • chiffre d’affaires annuel total des exploitations agricoles : 8 millions de dollars ;
  • nombre de chevaux enregistrés : 15 966.

De plus, parmi les chevaux enregistrés au Québec, on compte 11 413 chevaux de selle, 2 118 chevaux de trait, 708 chevaux de course et 1 727 poulains de moins de 2 ans.

Les éleveurs de chevaux élèvent des poulains pour remplacer le cheptel québécois. Contrairement à d’autres secteurs agricoles, la production n’est pas stable d’une année à l’autre. Cela est dû, entre autres, aux fluctuations de la demande et à la période de gestation de 345 jours des juments.

Néanmoins, il existe de nombreuses associations d’éleveurs et de propriétaires au Québec. Les éleveurs peuvent posséder une ou plusieurs races. Ils choisissent la race en fonction de leurs préférences ou des besoins de leur exploitation. Les races peuvent être les suivantes Arabes, Appaloosa, Belges, Canadiens, Clydesdale, Percherons, Quarter Horse, Standardbred, etc.

En 2016, Montréal a accueilli un débat sur la place des calèches dans les rues de la ville. Le maire de la métropole, Denis Coderre, s’est prononcé en faveur du maintien des calèches à Montréal et donc de la construction d’une écurie pour garder les chevaux. Ainsi, le maire de Montréal a commencé à communiquer au public sa vision globale de la future politique du cheval qu’il souhaite mettre en place pour assurer le bien-être de cet animal et le valoriser.

Sources :

More from author

Les enseignants de Montréal — ceux qui enseignaient à lire, à écrire et à compter

Peut-être que la principale caractéristique de l'activité pédagogique à Montréal, à partir du milieu du XIXe siècle, était la féminisation croissante de cette profession....

Marguerite Bourgeois, une femme au cœur d’or, et sa première école

La première école à Montréal a été ouverte en 1658 par Marguerite Bourgeoys. Elle a décidé que les enfants des premiers habitants de la...

L’Université internationale de Montréal — dans une volonté de coopérer avec le monde entier

Les universités montréalaises collaborent avec des établissements d'enseignement étrangers principalement par le biais de partenariats stratégiques, de programmes de mobilité étudiante, de projets de...
....... .