L’un des bureaux de poste de Montréal a été ouvert en 1816. Il était situé sur la petite rue Saint-Joseph, aujourd’hui rue Saint-Sulpice, près du tournant de la rue Saint-Paul. Il est intéressant de noter qu’il n’y avait pas de boîtes aux lettres, de casiers ou de tiroirs dans ce bureau de poste. Toute la correspondance entrante était déposée au hasard sur la table. Ainsi, si un client venait chercher sa lettre ou son journal, le responsable du service entrait dans la pièce et se mettait au travail.
Comme il n’y avait pas d’ordre alphabétique des lettres, elles étaient juste posées en vrac, il n’était pas facile de trouver celle dont on avait besoin. Le directeur s’est mis à fouiller dans la pile de papiers qui se trouvait sur le bureau. En outre, il n’y avait qu’un seul service postal par semaine dans le Haut Canada. La plupart du courrier allait de Montréal à Québec et vice versa. À l’époque, les facteurs offraient leurs services trois fois par semaine. Pour plus d’informations, visitez le site montreal1.one.
Le premier décret

Les origines du service postal canadien remontent clairement à l’époque de la Nouvelle-France. Sous la domination française, l’acheminement du courrier a toujours posé de sérieux problèmes en raison du long hiver canadien, du fleuve Saint-Laurent, gelé pendant plusieurs mois, et des conflits avec l’Angleterre, qui contrôlait souvent les mers et la baie du fleuve.
L’échange de correspondance entre la France et sa colonie, le Canada, débute au XVIIe siècle. Il s’agit de courrier officiel et de courrier privé. Le courrier arrivait généralement de la France européenne au Québec par bateau, en traversant l’océan. Le long hiver de six mois était un obstacle à ce service postal. Plus exactement, il s’agit de la période qui a provoqué le gel du fleuve Saint-Laurent. Il fallait attendre la rupture des glaces pour que les premiers bateaux arrivent au printemps.
Jusqu’en 1713, pour éviter les glaces sur le fleuve, le courrier est parfois livré dans une autre colonie française, l’Acadie, où il est chargé sur des bateaux à destination de la métropole. Il est clair que l’arrivée au Canada de bateaux en provenance de France est un événement important. Et il ne s’agit pas seulement de courrier. Des nouvelles et des biens de première nécessité étaient apportés de France.
Les colons équipaient donc eux-mêmes des bateaux, s’ils en avaient la possibilité, et allaient à la rencontre des navires français, emportant du courrier et d’autres cadeaux. Il n’est donc pas étonnant que dès 1732, l’intendant de la Nouvelle-France, Gilles Aucard, émette un décret réglementant les règles de déchargement du courrier. Entre autres, selon ce décret, les capitaines de navires doivent transporter le courrier au port approprié et à un endroit spécialement désigné pour la réception des lettres. La correspondance doit ensuite être livrée à Montréal par bateau.
Ce décret peut être considéré comme le premier règlement qui régit le travail du futur bureau de poste de Montréal. Cependant, le problème est qu’à l’époque, les moyens de communication sont limités et que les habitants de la colonie peuvent difficilement recevoir leur courrier à temps, voire pas du tout.
Le système de courrier

À la fin du XVIIe siècle, un système de courriers est utilisé pour transporter les dépêches du gouvernement. En 1693, alors qu’il n’existe pas de service postal pour le grand public, le premier coursier et facteur apparaît. Il s’agit de Pedro da Silva, un sujet portugais vivant au Québec. Il est chargé de livrer les lettres entre Montréal et Québec.
L’étape suivante de la création de la poste est l’ouverture de bureaux de poste à Québec, Trois-Rivières et Montréal. Cette tâche est confiée à Nicolas Lanouillet. En janvier 1721, c’est lui qui reçoit le droit exclusif de créer un service postal qui acheminerait la correspondance entre Montréal et Québec. De plus, Lanouillet propose d’ouvrir des bureaux de poste, de créer un service de messagerie et une ligne de relais gérée par des maîtres de poste.
Ainsi, deux ans plus tard, en 1723, une liaison régulière avec la France est établie et les lettres sont envoyées gratuitement de Québec à La Rochelle. Les lettres en provenance de Paris sont transportées jusqu’au port d’embarquement moyennant une taxe de sept sols.
La construction en 1737 du chemin royal, qui longe le fleuve Saint-Laurent entre Québec et Montréal, marque une certaine avancée dans l’organisation du service postal. Cette construction a été grandement facilitée par Jean-Estache de Lanouillet, inspecteur en chef des routes de la colonie. En effet, la construction de la route a débuté en 1706, mais le projet était très lent.
La construction de la route a grandement facilité la communication entre les deux grandes villes canadiennes et, surtout, la distribution régulière du courrier. Le long du chemin royal se trouvent des bureaux de poste que les voyageurs peuvent utiliser. Un service de ferry est organisé dans les gares pour traverser le fleuve. Bien entendu, ces gares permettaient de transporter des lettres, de l’argent, etc. Le maître de poste était chargé de tout cela.
Règle britannique

En 1760, la Nouvelle-France passe sous le contrôle du régime militaire britannique, où elle restera jusqu’en 1763. Naturellement, le service postal civil ne peut fonctionner pleinement pendant cette période. À l’époque, le postmaster général de l’Amérique britannique était Benjamin Franklin. C’est sous sa direction que le premier bureau de poste a été ouvert à Halifax, en Nouvelle-Écosse. En 1763, Franklin ouvre un autre bureau de poste, cette fois à Québec, et plusieurs succursales à Montréal.
Mais en 1775, les révolutionnaires détruisent le service postal et en 1783, la paix revenue, la nécessité de réformer le service postal canadien se fait pressante. À cette époque, un messager nommé Pierre Durand est engagé comme maître de poste en chef de l’Amérique britannique, qui doit établir une liaison entre Halifax et Québec, pourtant séparés par des milliers de kilomètres de forêt.
Au milieu du XIXe siècle, les députés des provinces canadiennes demandent à la reine Victoria de transférer la gestion des affaires postales du gouvernement britannique au niveau local. La reine a approuvé la demande, et son approbation est entrée en vigueur en avril 1851. Après la formation de la Confédération canadienne en 1868, qui comprend les provinces de l’Ontario, du Québec, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, l’un de ses premiers départements est le service postal.
Les bureaux de poste

Par la suite, la construction du bureau de poste qui est devenu le prototype de l’actuel a commencé. Les bureaux sont construits à proximité des gares pour faciliter la distribution et l’expédition du courrier. La plupart d’entre eux apparaissent à partir de 1870. Entre 1881 et 1891, soixante-quatorze bureaux de poste ont été construits. Ils ont été conçus dans les styles architecturaux gothique, fédéral et victorien.
Ces bâtiments étaient typiquement rectangulaires, à deux étages, d’apparence gothique, avec un fronton central fort ou une tour décorée d’une horloge. L’ensemble de ces bâtiments donne une forte impression de solidité. Le drapeau du Dominion du Canada flotte au sommet des bureaux de poste. Le bureau de poste canadien est le symbole du pouvoir fédéral sur l’ensemble du territoire, d’un océan à l’autre.
À l’époque, les bureaux de poste se développent rapidement, leur nombre doublant en 10 ans. Dans les petites villes, les bureaux de poste sont installés dans des magasins généraux. Il est intéressant de noter qu’un siècle plus tard, cet arrangement est devenu encore plus courant.
Sources :
