Collège Stanislas à Montréal – l’esprit français au Canada

Le collège abrite l’un des deux lycées français de Montréal accrédités par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Valéry Giscard d’Estaing, qui fut président de la République française de 1974 à 1981, y a enseigné. L’établissement a également formé des personnalités qui sont devenues la fierté du Canada francophone, comme l’ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau, des membres de la famille milliardaire Desmarais ou encore le magnat de la presse canadien Pierre Karl Péladeau. Pour en savoir plus, consultez le site montreal1.one.

Valéry Giscard d’Estaing, l’ancien président français, y a été professeur en 1948. Accueillant à la fois un collège, un lycée, une école primaire et une maternelle, le Collège Stanislas compte 2 700 élèves sur son campus de Montréal et 430 à Québec. Tous sont d’excellents élèves. En effet, la règle selon laquelle à Stanislas, il ne suffit pas d’être un élève moyen mais qu’il faut exceller, est en vigueur depuis des décennies.

La fondation du Collège

Le Collège Stanislas a été fondé en 1938 à l’initiative de l’ancien président de la Société des Nations, le sénateur Raoul Dandurand, et de plusieurs familles québécoises, la plupart résidant à Outremont. À l’origine, l’établissement était une filiale du Collège Stanislas de Paris. Il était situé dans des locaux prêtés par la municipalité d’Outremont, au 831, avenue Rockland.

En 1938, le monde était à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. En Europe, les courants nationalistes avaient le vent en poupe et les partis de droite connaissaient leur heure de gloire, rassemblant une multitude de partisans. À la même époque, au Québec, Maurice Duplessis dirigeait la province depuis 1936, et ce jusqu’en 1959, une période surnommée la « Grande Noirceur » en raison de son isolationnisme.

Ni le contexte international, ni la situation locale, ni cette époque complexe et incertaine ne semblaient favorables à la création d’un établissement d’enseignement indépendant et laïque comme le Collège Stanislas. Qui plus est, et c’était audacieux pour un collège de garçons, on y engagea des enseignantes. Pourtant, le Collège Stanislas d’Outremont, placé sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale français pour préparer au baccalauréat français, fut l’heureux aboutissement des efforts acharnés du sénateur canadien Raoul Dandurand. Aujourd’hui, un parc situé en face de la façade nord du collège, sur l’avenue Van Horne, porte son nom.

Toujours en 1938, la population d’Outremont avait atteint près de 30 000 habitants (recensement de 1931), dont une part importante était anglophone, notamment grâce à un fort contingent d’hommes d’affaires d’origine juive. Le collège s’installa d’abord au 831, avenue Rockland, dans un bâtiment construit en 1912 pour la Bell Telephone Company. À la grande surprise des pères fondateurs, qui espéraient une vingtaine d’élèves pour la première rentrée, leur nombre atteignit 120 en septembre 1938. Ce fut un immense succès pour une institution laïque, preuve qu’un tel établissement était attendu avec impatience.

Le Collège Stanislas Incorporé, créé par lettres patentes le 26 juin 1938 à l’initiative de familles québécoises, avait pour vocation de combiner dans ses méthodes pédagogiques les meilleures pratiques d’établissements de niveau comparable et les résultats de recherches d’institutions spécialisées, tant québécoises que françaises. Cela a favorisé non seulement une influence mutuelle entre les deux cultures, mais aussi le développement d’une pédagogie nouvelle et spécifique.

Le nouvel édifice sur l’avenue Dollard

La construction du collège sur son site actuel, proposé par l’administration de l’arrondissement, a débuté en 1942. Le nouvel édifice a remplacé l’ancien bâtiment de briques rouges, un entrepôt de la Bell Telephone, qui avait admirablement servi le collège depuis sa fondation.

Le projet du nouveau bâtiment est l’œuvre de l’architecte de renom Jean-Julien Perrault et de l’ingénieur-conseil Pierre d’Allemagne. Le style de la construction a été influencé par les travaux de Dom Bellot, un moine-architecte à qui les Montréalais doivent, entre autres, l’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac et la conception du dôme de l’Oratoire Saint-Joseph.

Le bâtiment de l’avenue Dollard a été inauguré le 11 septembre 1942. De nombreuses personnalités de l’époque ont assisté à la cérémonie, notamment le premier ministre du Québec, Adélard Godbout, le maire d’Outremont, Joseph Beaubien, l’un des initiateurs du projet, le maire de Montréal, Adhémar Raynault, l’archevêque de Montréal et président du conseil d’administration du collège, Monseigneur Charbonneau, ainsi que l’ambassadeur de France, René Ristelhueber.

L’infrastructure autour de l’établissement

Le bâtiment principal a naturellement connu plusieurs agrandissements depuis son inauguration, y compris l’ajout du « petit collège » juste en face, en 1957. Le dernier grand projet de rénovation a été la modernisation de la façade entièrement vitrée sur l’avenue Dollard en 2018. Aujourd’hui, le collège est situé au cœur d’un axe éducatif majeur, entre le pavillon principal de l’UdeM au sud et le nouveau campus MIL au nord.

En 1938, le développement résidentiel de l’avenue Van Horne était presque le même qu’aujourd’hui, mais le secteur commercial n’en était qu’à ses balbutiements. Au fil des générations, des commerces se sont installés pour servir les élèves et leurs parents. À l’automne 2018, le collège comptait 2 684 élèves, ce qui en fait une véritable petite entreprise qui décuple l’activité du quartier aux heures de pointe.

Le quartier regorge de restaurants pour le déjeuner, de nettoyeurs, de papeteries, de salons de coiffure, de boulangeries et de pâtisseries. Déjà à la fin des années 1930, la pâtisserie « Chez Maxime » était installée sur la rue Bernard. Encore aujourd’hui, la proximité de Stanislas est un atout pour les courtiers immobiliers. Selon le recensement de 2016, la population d’origine française à Outremont est la plus importante après celle née au Canada, sans compter les résidents francophones du Liban et du Maroc.

L’équipe du Collège Stanislas exprime sa fierté pour la collaboration fructueuse qui s’est développée au fil des ans entre le collège et Outremont, que ce soit en tant que ville ou qu’arrondissement.

Quelques mots sur les anciens élèves célèbres ou simplement populaires du Collège Stanislas : parmi eux, on trouve des femmes et des hommes d’affaires, des artistes et des politiciens qui ont mené de brillantes carrières. Le collège a formé pas moins de quatre premiers ministres du Québec : Jacques Parizeau, Philippe Couillard, Daniel Johnson et son frère Pierre-Marc Johnson.

Un cycle éducatif complet

Aujourd’hui, le Collège Stanislas accompagne tous ses élèves, de la maternelle jusqu’aux portes de l’université, dans leur développement global et leur formation intellectuelle complète, afin de leur permettre de réaliser pleinement leur potentiel et de devenir des acteurs engagés dans la société de demain. Le collège a une vision claire de sa mission éducative, du type de diplômés autonomes qu’il souhaite former, de la société qu’il veut contribuer à bâtir et des valeurs qu’il défend.

Au Collège Stanislas, l’objectif est que les élèves deviennent des adultes responsables et des citoyens du monde confiants, capables d’apporter leur contribution originale au développement d’une société juste, multiculturelle et inclusive. Ce n’est pas un hasard si, parmi les valeurs défendues et incarnées par l’établissement, on trouve des mots comme le respect, l’engagement, l’ouverture et l’humanisme.

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