Si l’on parle non seulement d’aviation au sens strict, mais plus largement de l’aéronautique en tant que premières tentatives de l’homme pour conquérir le ciel, Montréal a de quoi se vanter. Et ce n’est pas un hasard. En effet, l’idée même des vols en montgolfière est venue de France, où, à la fin du XVIIIᵉ siècle, les frères Montgolfier les ont fait s’élever pour la première fois dans les airs. Compte tenu des liens culturels étroits qui unissent Montréal à la France, l’arrivée de cette technologie ici n’était qu’une question de temps.
Dès le milieu du XIXᵉ siècle, la ville accueillait des vols publics en montgolfière avec des passagers : des événements qui, pour l’époque, semblaient presque fantastiques et attiraient des foules de spectateurs. Bien avant l’apparition des avions, Montréal était déjà un terrain d’expérimentation et d’audace technique. Cependant, ce n’est que le prologue d’une histoire bien plus vaste. Pour en savoir plus sur les débuts de l’aviation à Montréal, rendez-vous sur montreal1.one.
Tout a commencé avant même l’apparition des avions à moteur

Puisqu’il est question de ballons, il convient d’approfondir ce sujet. D’autant plus que les premiers vols à Montréal n’ont pas été effectués par des avions, mais bien par des ballons. Dès le milieu du XIXᵉ siècle, la ville fut l’une des premières au Canada à accueillir des vols publics en aérostat avec des passagers à bord.
On sait qu’un de ces vols, dans les années 1850, n’était pas seulement une démonstration, mais bien un vol avec passagers : à bord du ballon se trouvaient des personnes qui s’élevaient aux côtés de l’aéronaute. Il s’agit en fait de l’un des premiers cas documentés de navigation aérienne avec passagers au Canada. Bien que ces vols aient été courts et dépendants des conditions météorologiques, ils ont revêtu une importance considérable : ils ont démontré que l’air n’était plus un espace inaccessible, mais un milieu que l’on pouvait exploiter.
Il faut toutefois comprendre qu’à cette époque, il s’agissait moins d’un moyen de transport que d’un spectacle. Les ballons étaient lancés lors de fêtes, de foires ou de démonstrations spéciales, et ils attiraient des milliers de spectateurs. Mais, c’est précisément à partir de ces « attractions » qu’a commencé l’histoire de l’aviation — en tant que combinaison de science, de risque et de curiosité humaine.
Passons maintenant à une autre invention qui a précédé les avions de ligne : les dirigeables. Il s’avère que Montréal a également de quoi se vanter dans ce domaine. Au début du XXᵉ siècle, les ballons ont été rejoints par des appareils plus maniables : les dirigeables. À Montréal, ils ont également effectué des vols, mais principalement à titre de démonstration : de courts décollages, des manœuvres spectaculaires et les mêmes foules de spectateurs.
Un événement de 1910 mérite une mention particulière : c’est à cette date que Montréal a accueilli l’un des salons aéronautiques les plus retentissants de l’époque, le Montreal Air Meet. C’est là que furent présentés non seulement les premiers avions, mais aussi des aéronefs. Parmi eux figurait un dirigeable de type Knabenshue, conçu d’après les travaux de l’aviateur et constructeur américain A. Roy Knabenshue.
Le vol était piloté par un autre passionné d’aviation de renom : Cromwell Dixon. Leurs démonstrations lors du Montreal Air Meet de 1910 ont constitué l’un des exemples les plus marquants de la manière dont Montréal s’est progressivement inscrite dans l’histoire mondiale de l’aviation, avant même la généralisation des avions.
Les premières expériences et l’apparition des avions

Au début du XXᵉ siècle, l’aviation à Montréal sort progressivement du domaine du spectacle pour entrer dans une phase d’expérimentations pratiques. Les passionnés ne travaillent plus avec des ballons ou des dirigeables, mais avec des appareils plus lourds que l’air : des planeurs et les premiers avions. Il ne s’agissait pas encore de vols à part entière et stables : les appareils étaient souvent lancés à l’aide de voitures ou de mécanismes improvisés, et les ascensions elles-mêmes ne duraient pas très longtemps. C’est pourtant à cette période que se forge l’essentiel : la prise de conscience qu’un vol piloté en avion est possible et prometteur.
L’année 1910 a marqué un tournant décisif, lorsque le premier avion a survolé Montréal. Cela n’était plus perçu comme une attraction, mais plutôt comme une avancée technologique qui démontrait qu’une nouvelle ère des transports commençait à prendre son essor.
Parallèlement, les infrastructures commencent à se mettre en place. Les premières pistes d’atterrissage et de décollage apparaissent dans la région, qui deviendront par la suite des aérodromes et des aéroports à part entière. Un besoin de normalisation de la formation se fait sentir : les pilotes obtiennent leurs premières qualifications et certifications, ce qui fait progressivement passer l’aviation du stade d’expériences individuelles à celui d’un secteur organisé.
Les événements internationaux ont également joué un rôle important dans ce développement. Avec le début de la Première Guerre mondiale, l’aviation a rapidement pris une importance militaire, et de nombreux pilotes canadiens, notamment ceux de la région de Montréal, ont suivi une formation et servi dans l’aviation militaire.
Cela ne fait pas seulement renforcer l’expérience pratique des pilotes, mais accélère également le développement de l’industrie aéronautique dans son ensemble. C’est précisément à cette période que l’aviation passe définitivement du stade expérimental à celui d’un élément important tant dans le domaine civil que militaire.
Mise en place des infrastructures et formation des pilotes

Après une période de premières expériences et d’expériences militaires , l’aviation à Montréal commence à passer à un niveau supérieur — passant d’initiatives isolées à une infrastructure systématique. Dans les années 1920, les premiers aérodromes et terrains d’aviation organisés font leur apparition, remplissant désormais non seulement une fonction de démonstration, mais aussi une fonction pratique. L’ouverture de l’aéroport de Saint-Hubert constitue une étape importante, celui-ci devenant progressivement l’un des principaux centres aéronautiques de la région.
Parallèlement au développement des infrastructures, l’approche de la formation des pilotes évolue également. Alors qu’auparavant, l’aviation était l’apanage de quelques passionnés isolés, il existe désormais un besoin de formation standardisée. Des aéroclubs et des programmes de formation voient le jour, où les futurs pilotes suivent une formation, obtiennent une qualification et une certification.
L’aviation sort progressivement du stade expérimental pour s’intégrer à l’économie et à la vie quotidienne. Les vols commencent d’être utilisés non seulement à des fins de démonstration, mais aussi pour le transport de personnes et de marchandises, le service postal et d’autres tâches pratiques. C’est précisément à cette période que Montréal s’impose comme l’un des centres de développement de l’aviation au Canada, où se conjuguent formation, infrastructures et premiers éléments de l’aviation commerciale.
Mais, ce récit serait incomplet sans évoquer la période de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle l’aviation à Montréal a pris une importance encore plus grande. C’est à cette époque que la ville et son tissu industriel se sont activement engagés dans la production d’avions et de pièces détachées pour répondre aux besoins des Alliés. Les entreprises fonctionnent à plein régime, et le secteur aéronautique devient l’un des piliers de l’économie.
Par ailleurs, un grand nombre de pilotes ont suivi une formation et ont servi dans l’aviation militaire , ce qui renforce encore davantage le rôle de Montréal en tant que centre important d’expertise aéronautique.
L’aviation à Montréal pendant la période de guerre

Il convient de noter ici que, pendant la Seconde Guerre mondiale, le Canada a joué un rôle important dans la formation du personnel aéronautique des Alliés, et que Montréal est devenue l’un des centres où se sont formés les futurs pilotes qui ont ensuite pris part aux combats en Europe.
Il est également important de comprendre que de nombreux pilotes ayant servi dans l’aviation n’étaient pas toujours des « as » au sens strict du terme, mais possédaient une expérience du combat. Certains d’entre eux ont suivi des programmes de formation liés à l’École d’aviation canadienne, où Montréal jouait un rôle de premier plan dans le système global de formation.
Ainsi, la contribution de Montréal à l’aviation militaire ne résidait pas tant dans des personnalités individuelles que dans un système : la formation des pilotes, le soutien des infrastructures et la participation à la mobilisation aérienne pancanadienne, qui a fourni aux Alliés des pilotes qualifiés.
Et c’est précisément la combinaison de ces étapes qui a fait de cette ville l’un des centres aéronautiques les plus importants non seulement du Canada, mais aussi de l’ensemble de l’Amérique du Nord.
Sources :
- https://www.mtl.org/en/experience/sky-limit-montreal-aviation-museum
- https://metmtl.com/en/our-history
- https://www.sunwing.ca/fr/inspiration-de-voyage/histoire-de-l-aviation
- https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/aviation-3
- https://proposmontreal.com/index.php/premier-vol-de-jacques-de-lesseps/
