«Canadian Vickers» – une entreprise de fabrication d’avions basée à Montréal

Montréal, l’une des plus grandes villes du Québec et du Canada, est reconnue depuis des siècles comme un pôle d’innovation technologique du pays. Parmi ses nombreuses réalisations, Montréal peut se vanter d’une riche histoire aéronautique, notamment avec la célèbre compagnie de construction aéronautique Vickers. Cette entreprise a joué un rôle clé dans le façonnement de l’industrie aéronautique canadienne et a laissé une marque indélébile dans le monde du transport aérien. Pour en savoir plus, rendez-vous sur montreal1.one.

Les origines de l’entreprise

Les origines de la compagnie Vickers remontent au début du 20e siècle. En 1907, le conglomérat britannique de construction navale et d’armement Vickers Sons & Maxim a commencé à chercher un emplacement pour un chantier naval à Montréal. L’entreprise avait l’intention d’utiliser ce chantier comme atelier de réparation pour les navires transatlantiques arrivant à Montréal. Vickers Sons & Maxim a été officiellement invitée par le gouvernement du Canada en 1911 pour établir une filiale canadienne afin de construire des navires pour la toute nouvelle Marine royale canadienne.

La production de Vickers

Fondée en 1911, Canadian Vickers est devenue une filiale de la prestigieuse firme d’ingénierie britannique Vickers Limited. L’entreprise canadienne a rapidement acquis une renommée pour ses conceptions innovantes de navires et d’aéronefs, ainsi que pour son savoir-faire exceptionnel. Le premier grand succès de la compagnie est survenu dans les années 1920 avec la production du Vickers Vedette, un biplan polyvalent servant à des fins militaires et civiles. Les excellentes performances et la fiabilité du Vedette lui ont valu une place de choix dans l’histoire de l’aviation canadienne.

Initialement, l’entreprise se consacrait exclusivement à la construction de navires pour la Marine royale canadienne. Pendant la Première Guerre mondiale, elle a produit des sous-marins de type Holland 602, ainsi que des chalutiers navals de la classe « Battle ».

Au fil des ans, Canadian Vickers a diversifié sa gamme de produits pour répondre aux besoins militaires et civils, se lançant notamment dans la construction aéronautique. Sa création la plus emblématique est le Vickers Vancouver, un hydravion de transport et de patrouille.

Canadian Vickers a également apporté une contribution significative au secteur de la défense. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise a joué un rôle vital dans la production d’avions militaires. Dans les années 1940, elle a notamment fabriqué l’amphibien PBV-1 Canso, une variante de l’hydravion Consolidated PBY Catalina, pour l’Aviation royale canadienne. De nombreux appareils produits à Montréal ont aussi été fournis à la marine américaine, comme le PBV-1 et le OA-10A pour les missions de sauvetage.

Pourquoi l’entreprise a-t-elle cessé d’exister ?

Malgré ses nombreuses réussites, Vickers a fait face à des défis tout au long de son histoire. Les fluctuations économiques, l’évolution de la dynamique du marché et les changements de priorités gouvernementales ont eu des répercussions sur l’entreprise. En pleine Seconde Guerre mondiale, la société montréalaise a été vendue au gouvernement du Canada et rebaptisée Canadair. Cela a marqué un nouveau chapitre dans son histoire, mais les choses ne se sont pas déroulées comme le gouvernement l’espérait. La construction aéronautique et navale est une industrie très coûteuse, un fardeau que le Canada n’a probablement pas pu supporter au milieu du 20e siècle. C’est pourquoi, dès 1946, Canadair a été rachetée par l’Electric Boat Company du Connecticut.

La seconde moitié du 20e siècle a été une succession de ventes et de reventes pour l’entreprise montréalaise. En 1952, Canadair a été fusionnée avec Consolidated Vultee et plusieurs petites entreprises pour former General Dynamics. Par la suite, General Dynamics est devenue l’une des plus grandes sociétés aérospatiales des États-Unis. L’ancienne compagnie montréalaise est restée une filiale de General Dynamics jusqu’à ce qu’elle soit rachetée par le gouvernement canadien en 1976. Mais elle n’est pas restée longtemps propriété de l’État : en 1986, elle a de nouveau été vendue, cette fois à Bombardier, un conglomérat international québécois.

Au cours de la première moitié du 20e siècle, Canadian Vickers a joué un rôle clé dans la construction aéronautique et navale, ainsi que dans la formation de la Marine royale canadienne. Durant cette période, l’entreprise a notamment produit :

  • six hydravions de transport et de patrouille – Vickers Vancouver ;
  • un hydravion de transport biplan – Vickers Vanessa ;
  • huit hydravions à coque – Vickers Varuna ;
  • soixante hydravions monomoteurs biplans – Vickers Vedette ;
  • un sesquiplan bimoteur à flotteurs – Vickers Velos ;
  • un avion de patrouille monoplace – Vickers Vigil ;
  • un hydravion biplace – Vickers Vista ;
  • et d’autres appareils.

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