Au début du XXᵉ siècle, le café était déjà depuis un certain temps un produit d’importation assez courant au Canada, mais la culture de sa consommation était très différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Dans les grandes villes, notamment à Montréal, cette boisson était principalement vendue avec des produits courants dans les magasins d’alimentation haut de gamme ou préparée à la maison. Cependant, le goût et la qualité de ce café restaient nettement inférieurs aux normes européennes. Cela provoquait à son tour le mécontentement parmi ceux qui étaient habitués aux variétés européennes raffinées.
Il convient de rappeler qu’à l’époque, le café n’était pas encore considéré comme faisant partie du mode de vie quotidien, mais plutôt comme une boisson réservée aux occasions spéciales ou aux invités. Dans le même temps, la croissance économique du Canada et le développement des villes portuaires, dont Montréal faisait partie, ont permis l’expansion du commerce et l’importation de marchandises du monde entier, y compris les grains de café. Pour savoir où cela a mené et qui est devenu le fondateur de la marque nationale de café, rendez-vous sur montreal1.one.
Відкриття кав’ярні Van Houtte та мрія про ідеальний смак

Ainsi, au début du XXᵉ siècle, le café était déjà assez répandu à Montréal, mais loin d’être une boisson de masse. La plupart des Montréalais le préparaient chez eux. Cela concernait particulièrement les classes moyennes et aisées. En effet, acheter du café prêt à boire « dans la rue » n’était pas encore une pratique courante.
Il existait bien quelques petits cafés et magasins où l’on pouvait boire une tasse de café, mais ils étaient très peu nombreux. Cependant, pour être honnête, ils étaient très populaires auprès des hommes d’affaires, des intellectuels et de ceux qui appréciaient les rencontres sociales. En effet, à cette époque, dans les cafés, on ne se contentait pas de boire du café, on discutait aussi de l’actualité, des affaires et des événements culturels. Ces établissements étaient en quelque sorte des lieux de communication où non seulement le rituel de la dégustation du café, mais aussi l’atmosphère jouaient un rôle important.
Le prix de cette boisson était relativement élevé pour la classe ouvrière, et restait donc un luxe pour la plupart des gens. Il n’est donc pas surprenant que la culture de la consommation de café à Montréal, qui commençait tout juste à se développer, soit devenue un symbole de loisirs civilisés et intellectuels, et que la fréquentation des cafés témoignait du statut de caféophile et d’un style de vie raffiné.
Cependant, au début du XXᵉ siècle, les cafés étaient plutôt rares que courants, mais ils ont rapidement gagné en popularité auprès des citadins aisés et éduqués. Et comme la fréquentation des cafés était alors devenue un rituel social, les gens s’y retrouvaient avec joie et plaisir.
En ce qui concerne le café. Dans ces cafés, la boisson était préparée avec soin, souvent selon les traditions européennes, à partir de grains torréfiés sur place, et son service était accompagné d’une attention particulière. Le café dans ces établissements coûtait plus cher que dans les magasins ordinaires, c’étaient donc des lieux destinés à ceux qui appréciaient la qualité et l’atmosphère.
L’atmosphère du café créait un sentiment de communauté, de culture et de style de vie, inculquant progressivement aux citadins l’habitude de déguster cette boisson non seulement chez eux, mais aussi dans les lieux publics.
Le premier café

En décembre 1919, Albert-Louis Van Houtte, un immigrant français, a ouvert un petit magasin de produits haut de gamme au 321, rue Ontario Est, à Montréal. Au début, c’était un magasin d’importation typique de l’époque, avec un large choix de produits fins. On pouvait y acheter tout ou presque tout. Il s’agissait d’eau minérale, de vins, d’huile d’olive et de café, acheté déjà torréfié auprès de fournisseurs tiers.
Qui sait comment aurait évolué la vie d’Albert-Louis Van Houtte sans cette passion qui le distinguait des autres. Albert-Louis aimait profondément le goût authentique du café européen. Il n’était donc pas satisfait de la qualité de la torréfaction et demandait sans cesse aux torréfacteurs locaux de rendre le café plus foncé et plus intense, mais le résultat ne répondait toujours pas à ses attentes.
Ainsi, un beau jour, Albert-Louis a décidé de faire ce que personne n’avait encore fait à Montréal à l’époque. Il a acheté son propre équipement de torréfaction et s’est mis à préparer du café selon sa propre recette à l’arrière de son magasin. C’est ainsi qu’est né le « Mélange Maison », un mélange signature qui est devenu par la suite le symbole de la marque.
Albert-Louis ne se contentait pas de vendre du café, il créait cette atmosphère conviviale . Il accordait toute son attention à chaque client, les conseillait sur les variétés les mieux adaptées et veillait sans relâche à la qualité de chaque portion. Il n’est donc pas surprenant que le magasin ne soit pas resté un simple lieu de vente, mais soit progressivement devenu un véritable centre de culture du café pour les habitants de Montréal.
Biographie d’Albert-Louis Van Houtte — De la France au Canada

Albert-Louis Van Houtte est né en France en 1877, dans une famille de la classe moyenne. En 1912, il émigre au Canada à la recherche de nouvelles opportunités et décide de créer sa propre entreprise à Montréal.
Au début, cet homme travaillait dans différentes entreprises, mais avec le temps, il a décidé de combiner ses compétences avec son amour de la gastronomie. C’est précisément cela qui l’a transformé en entrepreneur, conscient que le succès repose avant tout sur la qualité du produit.
En 1919, il acquit un magasin de produits importés et commença rapidement à se concentrer sur le café comme produit phare. Son sens aigu du goût et sa volonté d’offrir le meilleur à ses clients le conduisirent à créer un café torréfié maison. C’est ainsi qu’a commencé une grande histoire. Albert-Louis est décédé le 2 avril 1944 à l’âge de 67 ans, mais il a laissé derrière lui une base solide pour la croissance future de l’entreprise.
Après le décès du fondateur, ses enfants, Pierre, Christophe et Lucy, ont repris les rênes de l’entreprise et ont entamé une nouvelle phase de développement. Ils ont transféré les activités au cœur du centre-ville de Montréal, ce qui a contribué à élargir la clientèle et à augmenter les ventes.
En 1975, Pierre a ouvert le premier café-bistrot moderne Van Houtte au Complexe Desjardins à Montréal, où les clients pouvaient non seulement acheter du café, mais aussi le déguster sur place accompagné d’une sélection de délicieuses pâtisseries. Il s’agissait du premier établissement de ce type en Amérique du Nord, qui a marqué le début d’une nouvelle ère pour les cafés dans la région.
Dans les années 1980 et 1990, l’entreprise s’est développée en ouvrant de nouveaux cafés et en vendant des franchises. Parallèlement, le réseau de vente au détail s’est également développé. Van Houtte est devenu le fournisseur de café non seulement des restaurants et cafés de la ville, mais aussi des entreprises qui avaient besoin de grandes quantités de café torréfié de qualité pour leurs bureaux et leurs grandes installations.
L’une des mesures importantes prises par l’entreprise a été l’introduction de l’emballage sous vide, qui permettait de conserver beaucoup plus longtemps l’arôme et le goût du café torréfié. Cela a constitué une véritable avancée pour les ventes au détail, car cela permettait de conserver la qualité recherchée par les consommateurs dans tout le Canada.
De l’héritage à la marque contemporaine

Aujourd’hui, Van Houtte est l’une des marques de café les plus connues au Canada, appartenant à la société Keurig Canada Inc. Après une série de transactions corporatives dans les années 2010, la marque a été intégrée au réseau international Keurig-Dr Pepper, tout en conservant son identité et ses traditions.
La société continue de produire une large gamme de cafés : du café moulu au café en grains, y compris des mélanges haut de gamme qui reflètent l’héritage de son fondateur.
En 2017, la marque a été reconnue comme l’une des marques canadiennes emblématiques, ce qui confirme son importance dans la culture du pays.
En résumé, l’histoire de Van Houtte est une histoire de passion, de qualité et de continuité, née du désir d’un homme de partager avec les Canadiens le goût du véritable café européen.
Sources :
