High School of Montreal: l’histoire de l’école qui a formé l’élite de la ville

Au milieu du XIXᵉ siècle, Montréal était à l’aube de changements dans le domaine de l’éducation. La ville s’agrandissait, le commerce et l’industrie se développaient, et le besoin d’une jeunesse formée et instruite devenait de plus en plus évident. C’est à cette époque qu’est née l’idée de créer un gymnase pour garçons destiné aux élèves anglophones.

Il s’agissait d’une école qui devait non seulement enseigner, mais aussi former la future élite de la ville. Cette école est devenue le symbole du nouveau système d’enseignement secondaire, et son histoire reflète l’interaction entre les communautés anglophones et francophones de Montréal, leurs ambitions, leurs doutes et leur soif de savoir. Pour en savoir plus, rendez-vous sur montreal1.one

Comme on l’enseignait à Montréal

Dans les premiers gymnases pour garçons de Montréal, l’enseignement suivait le système écossais, qui avait été adopté spécialement pour les élèves anglophones. Le programme comprenait des matières classiques, parmi lesquelles figuraient le latin et le grec, les mathématiques, l’histoire et les sciences naturelles. Une grande importance était accordée à la lecture, à l’écriture et à la pensée logique. Ainsi, les jeunes étaient préparés à poursuivre avec succès leurs études dans les établissements d’enseignement supérieur.

Les cours se déroulaient dans un cadre assez strict. Il y avait des cours magistraux, des exercices écrits, des devoirs à la maison et des examens réguliers. Les enseignants ne se contentaient pas de transmettre leurs connaissances, mais inculquaient également la discipline, le sens des responsabilités et les compétences en matière de prise de parole en public.

Au départ, ce sont surtout les familles de marchands, de professionnels diplômés — médecins, avocats, ingénieurs, etc. — et de fonctionnaires qui envoyaient leurs enfants anglophones à l’école, dans le but de préparer leurs fils à l’université et à des postes influents dans la ville. En revanche, les enfants francophones fréquentaient principalement des établissements spécialisés francophones.

À cette époque, les filles étudiaient principalement à la maison ou dans des écoles privées pour filles ; l’enseignement secondaire dans les lycées et les collèges n’était donc pratiquement accessible qu’aux garçons.

Ainsi, comme on peut le constater, l’enseignement a façonné non seulement les connaissances académiques, mais aussi l’espace social et linguistique des jeunes, en soulignant les différences et les interactions entre les communautés anglophones et francophones de Montréal. Peu à peu, l’école est devenue non seulement un établissement d’enseignement, mais aussi un centre de formation d’une jeunesse instruite, où les élèves acquéraient des connaissances et des compétences qui leur ouvraient la voie vers l’enseignement supérieur.

Qui a dirigé le processus de formation à Montréal ?

À cette époque, la gestion des écoles était généralement assurée par un conseil d’administration ou un conseil de tutelle élu, composé de représentants des familles des élèves ainsi que des milieux éducatifs et religieux. Ce conseil prenait ainsi les décisions relatives au financement, à la nomination des enseignants, à l’approbation des programmes et au contrôle de la discipline, garantissant ainsi la stabilité et le prestige de l’établissement.

L’université McGill a également joué un rôle important en assurant un encadrement scientifique et organisationnel, contribuant ainsi à l’élaboration des programmes d’études et des normes pédagogiques.

L’influence de l’Église est également restée un facteur important. Après 1870, l’Église protestante contrôlait la plupart des écoles anglophones de la ville par l’intermédiaire du commissariat scolaire protestant, définissant les règles, la structure de l’enseignement et la politique du personnel. Pour les enfants francophones, l’éducation était principalement contrôlée par l’Église catholique, qui établissait ses propres programmes scolaires, normes morales et règles de conduite.

Ainsi, les Églises ont chacune influencé l’éducation de leurs communautés, façonnant ainsi un environnement éducatif et social adapté à la jeunesse anglophone et francophone.

L’école est donc le fruit d’une collaboration entre la communauté, l’université et les structures religieuses, ce qui a assuré la stabilité et le prestige de l’établissement pendant plusieurs décennies. Les jeunes y acquéraient des connaissances, une éducation et une préparation à leurs futures activités sociales et professionnelles dans la ville, tandis qu’une structure linguistique et religieuse claire de l’enseignement se mettait en place.

En d’autres termes, les écoles de l’époque étaient indispensables non seulement pour l’enseignement des disciplines académiques, mais aussi pour former une jeunesse socialement responsable et instruite, capable d’occuper des postes administratifs et professionnels. L’idée de créer des lycées pour garçons est née de la prise de conscience de la nécessité de faire en sorte que des jeunes bien formés deviennent le moteur du développement de la ville, de l’économie et de la vie culturelle. Sans de tels établissements, une communauté éduquée n’aurait tout simplement pas pu se former.

Concept, moyens et organisation du processus pédagogique

L’une des premières écoles secondaires pour garçons, la High School of Montreal, a été fondée en 1843. Le bâtiment a été conçu par le célèbre architecte Frédéric William Bailey et était situé à proximité du centre-ville, ce qui rendait l’établissement très pratique pour les familles d’élèves anglophones.

Le financement provenait des dons de familles aisées et d’organisations civiques, tandis qu’une partie du soutien était apportée par l’Université McGill, qui offrait une aide pédagogique et organisationnelle. Grâce à cela, le projet de l’école disposait de ressources suffisantes : bâtiment, mobilier, équipement des salles de classe et rémunération des premiers enseignants, qui se déroulaient comme prévu.

À son ouverture, l’école comptait quatre classes principales, réparties en fonction du niveau des élèves. Chaque classe comptait environ 20 à 25 garçons. Les pauses entre les cours étaient consacrées à la lecture à la bibliothèque, à de courtes promenades dans la cour de l’école et à la discussion, ce qui était assez courant dans les écoles de l’époque.

De plus, cela permettait de développer la discipline et les compétences sociales des élèves. Parallèlement, ceux-ci disposaient de temps pour préparer leurs devoirs à la maison et réviser de manière autonome sous la supervision de leurs tuteurs.

Qui a suivi cette formation et quelle a été la réaction de la communauté francophone ?

À la High School of Montreal, la répartition linguistique et sociale des élèves était prise en compte séparément. L’école était ouverte principalement aux garçons issus de familles anglophones, tandis que les enfants francophones fréquentaient des établissements catholiques, même si certains d’entre eux se rendaient parfois dans une école anglophone. Cela se produisait lorsque les parents étaient actifs dans le monde des affaires et voyaient un avantage à la maîtrise de l’anglais et à la connaissance du programme classique. Mais de tels cas étaient très rares et ne constituaient pas un phénomène de masse.

En d’autres termes, même la communauté francophone a ressenti l’influence d’établissements tels que la High School of Montreal sur l’élaboration des normes éducatives et l’environnement linguistique de la ville.

Quant à la High School of Montreal, cette école a vu le jour sous la forme d’un projet bien planifié et doté de ressources suffisantes, qui a réuni les efforts de la communauté, de l’université et de l’Église. Cela a permis non seulement de créer un établissement d’enseignement prestigieux, mais aussi de jeter les bases du développement d’une jeunesse instruite et socialement responsable qui, plus tard, au fil des décennies, a façonné le visage du Montréal anglophone.

Soit dit en passant, les premiers élèves de l’école étaient principalement issus de familles d’intellectuels, d’avocats, d’ingénieurs, de médecins, de commerçants et de fonctionnaires. Leur objectif principal était de préparer leurs enfants à intégrer l’une des universités. En effet, l’accès à l’enseignement ouvrait la voie à des postes administratifs, de direction et professionnels au sein des autorités municipales, du commerce et des affaires.

Une école qui a marqué l’évolution de l’éducation à Montréal

Malgré les clivages linguistiques et religieux, la High School of Montreal a exercé une influence indirecte sur la communauté francophone, en montrant comment les normes éducatives devaient être établies et comment les interactions linguistiques et culturelles devaient se développer.  Ainsi, cet établissement ne se contentait pas de préparer les jeunes anglophones à la vie professionnelle, mais définissait également l’environnement éducatif de tout Montréal.

Aujourd’hui, le bâtiment de l’ancien gymnase est utilisé à d’autres fins éducatives et culturelles, tout en perpétuant la mémoire de cet ancien établissement scolaire. Son histoire témoigne du rôle joué par l’enseignement secondaire dans la formation d’une jeunesse instruite et de l’élite administrative de Montréal.

Sources :

More from author

Pénurie, cartes de rationnement et marché noir : le commerce à Montréal pendant la guerre

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'économie de Montréal a été entièrement réorientée vers l'effort de guerre. L'industrie travaillait presque exclusivement pour le front, les...

Ballons, dirigeables et avions : l’histoire de l’aviation à Montréal

Si l'on parle non seulement d'aviation au sens strict, mais plus largement de l'aéronautique en tant que premières tentatives de l'homme pour conquérir le...

Les grèves à Montréal après la Première Guerre mondiale : l’histoire des manifestations ouvrières

Même si, comme on le sait, le Canada n'a pas été directement le théâtre des combats pendant la Première Guerre mondiale, les conséquences de...
...