De la pâtisserie à la légende montréalaise : l’usine Viau

L’histoire de la pâtisserie à Montréal est marquée par des entreprises familiales innovantes depuis le XIXᵉ siècle. L’une des institutions les plus célèbres était la pâtisserie Viau, fondée en 1867. Plus tard, les délices servis dans cet établissement sont devenus si populaires que les propriétaires ont organisé la production de ces biscuits et autres sucreries à l’échelle industrielle.

De plus, la métropole était réputée pour ses chocolatiers, notamment Chocolats Andrée, qui régalait les habitants et les visiteurs depuis 1940. Ces deux exemples suffisent à témoigner du riche héritage sucré de Montréal, mais il y en avait bien d’autres. Vous pouvez en savoir plus à ce sujet sur le site montreal1.one

L’histoire des friandises

Les friandises accompagnent l’humanité depuis des millénaires. Dès les civilisations anciennes, les hommes ont commencé à créer les premières friandises. Il s’agissait de miel avec des fruits, de mélanges de noix et de sirops, qui sont devenus le prototype des bonbons et des pâtisseries actuels. Non, mais avec le développement de la production sucrière en Europe et en Asie, en particulier au Moyen Âge, la confection de produits sucrés est devenue un art à part entière.

Dans de nombreuses villes, les premières confiseries et boutiques ont vu le jour, où l’on pouvait acheter des bonbons, du massepain, du chocolat et des pains d’épices. Ces établissements sont devenus non seulement des lieux de commerce, mais aussi des espaces remplis de doux parfums et de saveurs, faisant partie intégrante de la vie urbaine.

Naturellement, au XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, pendant la révolution industrielle, ces pâtisseries ont élargi leurs activités, les premiers cafés sucrés ont commencé à apparaître, où la société se réunissait non seulement pour un certain produit sucré, mais aussi pour la culture et la communication.

En Europe, notamment dans des villes telles que Paris, Londres et Vienne, les pâtisseries sont devenues le symbole de la culture gastronomique. Ces établissements avaient des vitrines remplies de macarons, d’éclairs et de chocolats. L’odeur de la pâte fraîche et du glaçage y flottait en permanence, séduisant tous les passants. C’est dans ces établissements, qui ont vu le jour partout dans le monde, que sont nées de nouvelles recettes, des traditions de consommation de sucreries et l’habitude de partager des moments de joie autour d’une tasse de cacao ou de thé.

En conséquence, lorsque les colons européens sont arrivés en Amérique du Nord, ils ont apporté avec eux leurs traditions gastronomiques. Les premières charcuteries et pâtisseries ont vu le jour dans les avant-postes et les petites villes de la Nouvelle-France, puis dans les grands centres tels que New York, Boston ou Montréal.

Il s’agissait généralement de petites boutiques où les artisans locaux cuisaient des biscuits, des pains d’épices ou préparaient du chocolat selon des recettes anciennes. De plus, avec le développement des villes et des moyens de transport, ces ateliers se sont progressivement transformés en usines et en marques qui fournissaient leurs produits pour le plus grand bonheur des habitants.

Le Canada, en particulier sa partie orientale, a toujours été étroitement lié aux influences gastronomiques françaises. Montréal, en tant que grand centre commercial et culturel, est devenu le berceau de ses propres traditions pâtissières. Les marques canadiennes renommées, les chocolats ou les biscuits, trouvent leurs racines ici même, dans cette métropole. Il est bien connu que les pâtisseries montréalaises reflètent une combinaison de traditions artisanales et de développement industriel, soutenue par des familles passionnées par leur métier.

Montréal et son doux empreinte dans l’histoire

À Montréal, les premiers cafés sucrés sont apparus dès le XIXe siècle, parallèlement au développement fulgurant de la vie urbaine. Il s’agissait généralement de petites boutiques où l’on pouvait acheter des bonbons, des pains d’épices, des marmelades ou du chocolat, souvent faits maison. À cette époque, les confiseries servaient de lieu de rencontre et de communication pour les citadins, leur proposant leurs recettes et traditions locales.

Cependant, même parmi toutes ces belles histoires, celle de l’usine Viau occupe une place particulière, car elle est devenue une véritable légende de l’industrie alimentaire montréalaise et canadienne.

En 1867, l’année même de la création de la Confédération canadienne, l’homme d’affaires Charles-Théodore Vio a ouvert à Montréal une petite boulangerie près de la rue Sainte-Marie, qui fait aujourd’hui partie de la rue Notre-Dame. Au départ, il s’agissait d’une boulangerie tout à fait ordinaire qui vendait du pain, des biscuits et des pâtisseries, mais très vite, les habitants du quartier ont apprécié la qualité des produits et la demande a considérablement augmenté. Dès 1873, l’entreprise devient Viau & Frère, spécialisée dans la fabrication de biscuits et de pâtisseries.

La popularité des produits augmentait et l’entreprise s’agrandissait. Dans les années 1890, l’usine cesse de fabriquer du pain et se concentre entièrement sur les produits sucrés, à savoir les biscuits, les bonbons et le chocolat. Cette décision a eu un impact considérable sur l’histoire future de la marque.

Une usine devenue symbole de son époque

Au début du XXᵉ siècle, la demande pour les produits Viau augmente rapidement et l’entreprise déménage ses installations dans des locaux plus spacieux situés sur Ontario Street, dans la banlieue de Mezonev, un quartier qui, avec le temps, a même été baptisé Viauville, en l’honneur du fondateur et de son usine.

L’usine est devenue l’une des plus grandes entreprises de production de confiseries au Canada. Elle était équipée de lignes de production modernes et mécanisées qui ont considérablement amélioré la productivité et la qualité des produits. C’est là que sont fabriqués les célèbres Village biscuits, de petits biscuits secs de forme rectangulaire, devenus un classique et le symbole de la marque dès ses premières années d’activité.

Et en 1927, la fabrique Viau crée un autre produit emblématique, le célèbre Whippet. Il s’agit d’un biscuit à la guimauve recouvert de chocolat. Ce produit, dérivé du biscuit anglais Empire, connaît rapidement un grand succès dans tout le Québec.

Ainsi, la vie sociale et économique s’épanouit autour de l’usine : elle emploie des centaines de personnes, devient l’un des piliers de l’industrie locale et influence la culture de consommation de sucreries dans la région.

Au milieu du XXᵉ siècle, Viau était déjà connue non seulement à Montréal, mais aussi au-delà. Les produits de l’entreprise étaient vendus dans de nombreux magasins, et cette usine était un élément important de l’industrie alimentaire canadienne.

Au fil du temps, l’entreprise change de propriétaires : en 1969, elle est rachetée par la société Imasco, puis par Culinar, et enfin par Dare Foods Limited en 2001. Mais sous la direction de ses nouveaux propriétaires, l’usine perd peu à peu l’atmosphère unique qui la caractérisait lorsqu’elle était gérée par la famille.

Et en 2004, l’usine d’Ontario Street ferme officiellement ses portes, et la production, y compris celle du Whippet, est transférée dans d’autres villes. Ce fut un véritable choc pour les employés et les habitants du quartier, où plusieurs générations avaient lié leur vie à cette entreprise.

Héritage et mémoire

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’ancien bâtiment de l’usine a ensuite trouvé une nouvelle vie après avoir été reconverti : en 2007, il a été transformé en complexe résidentiel avec des copropriétés, tout en conservant les caractéristiques architecturales de son passé industriel. Cela est devenu non seulement un exemple de préservation du patrimoine industriel, mais aussi un symbole de la pérennité de la mémoire de la légende pâtissière de Montréal.

L’histoire des pâtisseries ne se résume pas seulement aux sucreries. Elle concerne la culture, les habitudes sociales, le développement des villes et les goûts qui se sont formés au fil des siècles. Et dans ce contexte général, la biscuiterie Viau occupe une place d’honneur : de petite boulangerie du XIXᵉ siècle à grande usine, elle fait désormais partie intégrante de l’histoire de Montréal et de la gastronomie canadienne. Ses biscuits Village et Whippet ne sont pas seulement des sucreries, mais aussi le souvenir d’une époque, de personnes et d’un goût qui ont marqué le cœur de nombreuses générations.

Sources :

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