À Montréal, l’enseignement n’a pas cessé pendant la Seconde Guerre mondiale, mais il a indéniablement changé. Les sonneries retentissaient, les élèves ouvraient leurs manuels, les enseignants entraient dans les salles de classe, mais l’essence même de l’enseignement, sous la pression de la guerre, s’est progressivement transformée. Il convient de noter qu’à cette époque, la métropole vivait dans deux réalités éducatives : la réalité catholique francophone et la réalité protestante anglophone, qui se distinguaient non seulement par la langue, mais aussi par leur attitude envers la guerre et son rôle dans la vie de la société.
Cependant, tant dans ces classes que dans les autres, des éléments de propagande faisaient leur apparition, les cours prenaient une tournure patriotique et les enfants sortaient de plus en plus souvent du cadre du programme scolaire. Ils ramassaient du papier usagé, participaient à des initiatives bénévoles, se sentant partie intégrante d’une cause commune. L’éducation restait continue, mais n’était plus neutre : elle forgeait non seulement des connaissances, mais aussi une position. Pour en savoir plus sur tout cela, rendez-vous sur montreal1.one.
La situation de l’enseignement à Montréal au début de la Seconde Guerre mondiale

Alors que la Seconde Guerre mondiale gagnait en intensité, l’éducation à Montréal a commencé à évoluer non seulement sur le plan formel, mais aussi sur le fond. Le principal changement fut que les salles de classe perdirent progressivement leur neutralité. Les cours étaient de plus en plus souvent imprégnés de motifs patriotiques, et les supports pédagogiques comportaient des éléments de propagande militaire.
En classe, on expliquait aux élèves l’importance de soutenir l’armée, on leur parlait de leur devoir envers l’État et on leur donnait le sentiment de participer aux événements qui se déroulaient loin de là, de l’autre côté de l’océan. En même temps, les enfants ne se contentaient pas d’être de simples auditeurs : ils prenaient part aux efforts communs visant à remporter la victoire.
Les élèves ramassaient des vieux papiers et de la ferraille, participaient à des initiatives caritatives et apportaient leur aide lors de campagnes de bénévolat. Pour beaucoup d’entre eux, il ne s’agissait pas simplement d’un devoir donné par leur professeur, mais d’un moyen de se sentir utiles à un moment où le monde autour d’eux évoluait à toute vitesse.
L’école sortait ainsi du cadre de la salle de classe pour devenir un espace où se formait non seulement une communauté éduquée, mais aussi une communauté mobilisée et patriote.
Il faut toutefois reconnaître, pour être juste, que tous ces processus ont été perçus de différentes manières. Dans le milieu anglophone, ce type d’activité trouvait plus souvent du soutien, tandis que dans le Québec francophone, l’attitude envers la guerre restait plus complexe et moins univoque. Ces sentiments des adultes se transmettaient aux élèves. L’éducation devenait de plus en plus non seulement un transfert de connaissances, mais aussi le reflet des sentiments de la société.
L’adaptation des écoles de Montréal pendant la Seconde Guerre mondiale

Quoi qu’il en soit, dans les salles de classe de Montréal, la guerre se faisait sentir, même si les sonneries retentissaient comme prévu. Les enseignants veillaient comme à leur habitude à l’ordre et au rythme des cours, mais ils étaient de plus en plus souvent confrontés à des absences : certains élèves aidaient leur famille, d’autres participaient à des initiatives bénévoles pour soutenir le front.
Dans le même temps, de nouveaux thèmes faisaient leur apparition dans les cours. On initiait les élèves aux rudiments de l’art militaire et aux supports de propagande, et on leur parlait du front et de la vie des soldats.
Cependant, cela ne se limitait pas à un simple exposé des faits. Les enseignants s’efforçaient d’inculquer à leurs élèves le sens du devoir, de la responsabilité et de l’implication dans une grande cause. Les enfants découvraient le rationnement, la collecte de vieux papiers, l’aide aux blessés, l’organisation de collectes de fonds et la nécessité d’utiliser les ressources avec parcimonie.
Il est intéressant de noter que les élèves se sont activement impliqués dans ces initiatives. Pour beaucoup, il ne s’agissait pas d’une simple tâche formelle, mais d’une véritable participation aux événements qui se déroulaient loin, de l’autre côté de l’océan. En collectant du papier, en confectionnant des articles pour l’armée, en organisant de petites actions de soutien au front, ils se sentaient comme un élément important de la société.
Ainsi, l’école est progressivement devenue non seulement un lieu d’apprentissage, mais aussi un espace de mobilisation sociale : un espace où les enfants découvraient ce qu’était la guerre et quel rôle chacun pouvait y jouer. Cependant, les écoles francophones restaient souvent plus modérées dans leur propagande, car l’opinion locale remettait en question la nécessité de participer à la guerre et de la conscription.
Dans les écoles anglophones, le soutien à l’effort de guerre était plus manifeste, ce qui se reflétait tant dans l’attitude des enfants que dans la manière dont les cours étaient dispensés. Dans les deux cas, l’école devait trouver un équilibre : elle était censée transmettre des connaissances et inculquer le sens des responsabilités, tout en restant en contact avec des élèves qui participaient activement à la vie sociale.
L’enseignement supérieur à Montréal pendant la Seconde Guerre mondiale

Au niveau de l’enseignement supérieur, les changements ont été encore plus marqués. Les universités McGill University et l’Université de Montréal se sont retrouvées dans une situation où le rythme académique habituel ne correspondait plus à la réalité d’une période de guerre.
Une partie des étudiants et des enseignants quittaient les amphithéâtres pour partir au front, tandis que d’autres étaient contraints d’adapter leurs études aux nouvelles conditions. Les programmes d’enseignement des universités ont progressivement évolué. L’accent était de plus en plus mis sur la médecine, l’ingénierie et les disciplines techniques. Ce qui pouvait auparavant s’étudier pendant des années, on essayait désormais de l’assimiler beaucoup plus rapidement.
À cette époque, les universités devenaient non seulement un lieu d’acquisition de connaissances, mais aussi un élément d’un système plus large de formation du personnel destiné au front et à l’arrière. L’enseignement perdait de son caractère abstrait : il devenait appliqué, subordonné à un objectif concret. En même temps, c’est précisément là que la dualité de la situation se faisait particulièrement sentir : d’un côté, la nécessité de soutenir l’effort de guerre, de l’autre, la volonté de préserver les traditions académiques et l’autonomie.
Dans ce contexte, les universités de Montréal se trouvaient en fait tiraillées entre deux extrêmes : celui d’établissement d’enseignement et celui d’éléments d’infrastructure militaire.
Idéologie et tensions au sein de la société montréalaise

Cependant, à mesure que la guerre s’intensifiait, son impact se faisait de plus en plus sentir dans les salles de classe de Montréal. Une partie des étudiants et des enseignants quittaient les amphithéâtres pour s’engager dans l’armée, ce qui entraînait une pénurie de personnel. Les enseignants et les professeurs ont dû s’adapter rapidement : les programmes ont été raccourcis, et l’accent a été mis de plus en plus sur les connaissances pratiques et la préparation aux besoins de la guerre.
Les établissements d’enseignement sont devenus une partie intégrante de la « machine de guerre » au sens large. Les écoles organisaient des collectes de fonds, des actions de bénévolat et la fabrication d’articles nécessaires au front, tandis que les universités se réorientaient vers des disciplines utiles à l’armée : la médecine, l’ingénierie et les sciences techniques.
Les enfants et les étudiants avaient de plus en plus le sentiment que l’école n’était pas coupée de la vie réelle. En cours d’histoire, les professeurs parlaient souvent du front, montraient des cartes, expliquaient ce qu’était la conscription et à quel point il était important de soutenir l’armée.
Pendant la récréation, les élèves discutaient pour savoir lesquels de leurs frères aînés ou de leurs connaissances étaient déjà sous les drapeaux, tandis que d’autres organisaient une petite collecte de fonds. Études, jeux, responsabilités et patriotisme s’entremêlaient. L’école devenait non seulement un lieu d’apprentissage, mais aussi un centre de mobilisation et d’engagement social.

Les universités n’ont pas non plus été épargnées. En raison de l’exode massif d’étudiants et d’enseignants vers le front, elles ont été confrontées à une pénurie critique de personnel. Une partie des cours a été réduite, et de nouvelles disciplines ont été mises en place, axées sur l’application pratique des connaissances en temps de guerre. Les établissements d’enseignement supérieur se sont transformés en centres de formation pour l’arrière, c’est-à-dire pour les futurs médecins, ingénieurs et techniciens, sans lesquels le front n’aurait pas pu fonctionner efficacement.
Ainsi, l’éducation a cessé d’être uniquement une transmission de connaissances pour devenir un moyen de préparation à la vie en temps de guerre et de formation de citoyens actifs et responsables.
Sources :
- https://wartimecanada.ca/essay/learning/education-during-second-world-war
- https://www.mcgill.ca/can150-mtl375/fr/article/premiere-guerre-mondiale
- https://www.historicacanada.ca/productions/guides/second-world-war-education-guide
- https://rhus.historiamati.ca/uncategorized/luniversite-de-montreal-et-la-deuxieme-guerre-mondiale/
- https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/lenfance-et-leffort-de-guerre-en-1942#&gid=1&pid=1
